ACTE I, SCENE VI
PERD RI GO, sortcint de Li indiscti eu on a porte don Pjsqujl.
Un chirurgien qui passait par ici vient de faire le pansement et déclare qu'avant trois mois le seigneur don Pasqual sera sur pieds.
Vous voyez bien.
DON A SAHËLE
Cet homme ment. Je vais me rendre compte de l'état du blessé et fortifier mon âme au spectacle de ses souffrances.
SCÈT^E VI DON JUAN. — PERDRIGO.
Ah ! Perdrigo, quelle aventure !
Imagine une femme qu'on enlève, qui résiste, qui traite son ravisseur de misera-
ble lâche. Je la défends, je la délivre. J'étends sur le sol le triste héros de l'enlèvement et cette lionne délivrée se rue sur moi et me déchire à pleines dents ; morsure délicieuse venant d'une telle bouche. — Rien de plus piquant ni de plus nouveau. Cette Sahële n'est pas très belle, mais sa fougue est entraînante. Vraiment elle me plaît ainsi, cette furie déchaînée.
L'amour n'est pas seulement dans les molles langueurs et les attendrissements silencieux; l'emportement d'une âme violente contient aussi ses promesses de plaisir. H est rare que la nature démente en nous les facultés. Il me semble que je n'aurai pas de repos que n'ayant envoyé le don Pasqual dans l'autre monde je ne le fasse oublier tout-à-fait dans celui-ci.
Vous n'\ pensez pas, après ce que vous avez fait et ce qui vient de se passer.
Au contraire. Je ne pense qu'à cela depuis l'instant où l'ouragan soulevé de ses