ACTE III, TABLEAU II, SCtNE II lOI P I A R I
Voilà des animaux bien malicieux. Avezvous donc soupe au cabarer, ou veille toute la nuit à chasser des hannetons, ou consulté quelque sorcier sur la folie: ce qui est une manière de la prendre quand on ne l'avait pas encore ? Je ne sais ce qui me rerient à vous écouter.
L U INC
Je n'ai rien fait de ce que vous dites si joliment, car vous avez bien de l'esprit, maître Piari : mais mon pauvre bon sens me suffit et aussi vrai que voilà un serviteur qui plaisante et un serviteur qui mériterait de ne pas être plaisanté, si de la disparition des chevaux, je conclus à celle des maîtres, il faudrait de bien méchants cœurs pour en rire.
Mais comment des chevaux peuvent-ils s'envoler sans laisser de traces ?
On enveloppe leurs sabots avec des peaux de bêtes : — Et si on part ainsi?...
C'est qu'on a intérêt à ne pas faire de bruit? Vierge Marie! Qu'est-ce que cela peut vouloir dire ?
Mon attachement au noble duc me serre le cœur des plus funestes pressentiments.
Cette nuit, lorsque sonnait la douzième heure, le cri inusité d'un hibou s'est fait entendre trois fois, et ce matin une colombe a été trouvée étranglée par quelque vautour.
Cependant tout s'apprête pourlafête, et à moins que le désir de la voir réussir, — car on croit toujours à la destinée de ses ouvrages — ne m'aveugle tout à fait, je ne vois en tout ceci, Luino, rien qui doive nous alarmer. C'est quelque plaisanterie dont nous aurons bientôt le secret.