‹ Don Juan d'Autriche, ou, La vocationChapitre 6 sur 182 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

A ta iacon.

RAPHAEL

S'il y en a deux , c'etait la bonne : mais je ne me souviens pas que l'amour nVait fait manquer un tour de garde , pas meme apres la bataille de Pavie , quand nous faisions rafle sur les Milanaises; et cependant, je vous jure qu'a notre depart , les innocentes lilies de ce pays-la ne pouvaient pas dire comme notre royal prisonnier : Tout est perdu , fors Thonneur !

Ah ! tu cites le mot d'un homme dont je raft'ole , moins encore pour ses qualites que pour ses defauts. II aimail, celui-la !

RAPHAEL

Et il se battait comme un lion, capo di Dio !

Tu te souviens de ton italien.

RAPHAEL

Je sais jurer dans toutes les langues ; c'est une grande ressource a l'etranger.

Et tu ne t'en acquitles pas avec moins d'e-

nergie dans talangue maternelle : temoinle jour oii le voile de dona Florinde vint a s'ecarter pour la premiere fois a la promenade, et nous decouvrit le plus adorable visage dont puisse s'enorgueillir une beaute d'Andalousie.

RAPHAEL

Mort de ma vie ! je vous avais bien dit qu'elle en etait. Ces Andalouses ont des yeux qui vous percent de part en part.

Les siens, Raphael, ils vous penetrent jusqu'au fond de Tame ; ils vous enivrent ; ils vous rendraient fou d'amour et de volupte.

RAPHAEL

Allez, allez ! j'en disais autant a votre age; mais oii vous menera cette belle intrigue?

Une intrigue ! tu oses nommer une intrigue l'amour le plus ardent , mais aussi le plus pur qui ait faitbattre le coeur d'un Espagnol ! Quelle autre preuve veux-tu de cette passion que le role meme oii sa violence n^a fait descendre ? crois-tu que Phypocrisie repugne moins a la lierte d'un fils de bonne maison qifa la franchise d'un vieux soldat? Gependant, pour trom-

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