ACTE III, SCENE II
FRERE ARSENE.
Eh bien?
PEBLO.
Ce que vous f'aites, pere Arsene. ce que vous dites et ce que vous ecrivez.
FRERE ARSENE.
II ne peut guere en demander davantage ; et tu lui reponds ?
PEBLO.
Que vous faites des horloges; que vous dites : quelle heure est-il ? et que vous ecrivez votre confession.
FRERE ARSENE.
Cest bien , tres bien meme ; je suis content de toi : je te croyais un peu medisant...
PEBLO.
\Ioi, pere Arsene !
Et si tu l'etais, bien que tu profiles des peines que je me donne pour ton education, il faudrait nous separer, parce que le l'rcre prieur pourrait prendre tes paroles au pied de la Jeltre. Cest un saint homme , Peblo, un bien saint homme ; mais d'une devotion vetilleuse , qui s'effarouehe de tout , se cabre pour rien . fait une montagne d'un grain de sable, et d'une
misere sans consequence un bel et bon peche
mortel.
peblo, a part.
II se gene pour medire de son superieur.
FRERE ARSENE.
J'aime presque mieux la franchise brutale du Irere gardien.
PEBLO.
De pere Pacome, mon oncle ?
FRERE ARSENE, a part.
Son oncle!... pauvre orphelin!... les moines n'ont jamais que des neveux.
PEBLO.
Vousavez tort, carle prieur s'est bien radouci depuis la mort du dernier abbe. J'entends les freres se conter entre eux que , malgre ses soixante-treize ans sonnes, il grille sous son air froid d'etre nomme a la place vacante. Comme le chapitre se rassemble aujourd'hui pour l'election, il ne dit plus de mal de personne, afin de gagner des voix; au lieu que mon oncle Pacome, son bon ami, ditdu mal detout le monde. afin d'oler des voix aux autres.
FRERE ARSENE.
Du mal de tout le monde?... Et de moi aussi, n'est-ce pas ?