Première partie. — Act<; troisième
L'ordre est qu'elle reste ouverte.
BRIGIDA
Cela est très bon et très saint pour les autres novices, qui doivent se consacrer à Dieu; non pour vous, Dona Inès.
DONA INÈS
Brigida, ne vois-tu pas que tu enfreins les règles du monastère, qui ne permettent pas ?...
BRIGIDA
Bah! bah! C'est plus sûr ainsi, et de la sorte on parle sans mystères ni détours. Avez-vous jeté les yeux sur le livre que je vous ai apporté ?
DONA INÈS
Ah! je l'avais oublié!
BRIGIDA
Eh bien ! voilà un merci pour moi, que cet oubli !
DONA INÈS
C'est que la mère abbesse est entrée ici immédiatement!
BRIGIDA
L'impertinente vieille !
DONA INÈS
Le livre est donc si intéressant?
BISUOTHECA )
ioo Don Juan Tcnorio.
BRIGIDA
Je crois bien qu'il est intéressant, et beaucoup ! — Il s'est donné assez de mal pour cela, le malheureux!
DONA INÈS
Qui?
BRIGIDA
DONA INÈS
Le Ciel ,m'assiste! Qu'entends-jc ? C'est Don Juan qui me l'envoie ?
BRIGIDA
Supposé qu'oui....
DONA INÈS
Oh! moi je ne dois pas le prendre.
Pauvre jeune homme ! Lui faire ainsi affront, serait le tuer.
DONA INÈS
Que dis-tu là ?
BRIGIDA
Si vous ne prenez pas ce livre d'Heures, vous lui donnez un tel chagrin qu'il en tombera malade, je le vois d'ici...
Ah! non, non; de cette manière, je le prendrai.