Première partie. — Aete troisième. loi
BRIGIDA
Bien ferez.
DONA INÈS
Et qu'il est joli !
BRIGIDA
Vous voyez bien ; qui veut plaire, se surpasse.
DONA INÈS
Et ses fermoirs d'or! Et on a eu bien soin de le faire relier en noir ! Voyons, voyons s'il renferme au complet l'office du chœur. {Elle ouvre le
volume et une lettre tombe des feuillets.) — Mais qu'eSt-il
tombé ?
BRIGIDA
Un petit papier.
DONA INÈS
Une lettre !
BRIGIDA
C'est clair: dans cette lettre il aura voulu vous faire l'offre du petit présent.
DONA INÈS
Quoi! Le papier serait de lui?
Allons! que vous êtes innocente! Puisqu'il vous fait le présent, il va sans dire que la lettre sera de lui.
DONA INÈS
Ah ! Jésus !
ERIGIDA
Qu'est-ce qui vous prend ?
DONA INÈS
Rien, Brigida, ce n'est rien.
BRIGIDA
Si, si, vous avez la figure toute changée ! (à pan) La voilà déjà prise dans le filet. — Cela passe ?
DONA INÈS
Oui.
BRIGIDA
C'aura été quelque petit vertige sans importance.
DONA INÈS
Ah ! elle me brûle, la main dont j'ai pris ce papier!
BRIGIDA
Dona Inès, Dieu m'assiste ! je ne vous ai jamais vue ainsi ; vous êtes toute tremblante.
DONA INÈS
Pauvre de moi!
BRIGIDA
Qu'est-ce qui se passe en vous ?
DONA INÈS
Je ne sais... Je sens le champ de mon esprit traversé à l'aventure par mille fantômes inconnus, qui m'inquiètent vaguement et depuis