Première partie. — Acte quatrième. i3i
m'était destiné par mon père et me juras en son
nom qu'il m'aimait. Tu dis que je l'aime? Eh
bien! donc, si c'est là aimer, oui, je l'aime; mais je sais que je me rends infâme aussi par cette passion, Et si mon faible cœur m'attire vers Don Juan, mon honneur et mon devoir m'entraînent loin de lui. Partons donc ; partons d'ici, avant que cet homme ne vienne, car peut-être n'aurais-je pas la force si je le voyais près de moi. — Allons, Brigida!
BRIGIDA
Attendez. N'entendez-vous pas ?
DOÎÏA INÈS
Quoi ?
BRIGIDA
Un bruit de rames.
DONA INÈS
Oui, tu dis bien ; nous retournerons en bateau à la ville.
BRIGIDA
Regardez, regardez, Dona Inès.
DONA INÈS
Assez! Pour Dieu! partons.
BRIGIDA
Oh! impossible que nous sortions.
i32 Don Juan Tenorio.
IlONA INES
Pour quelle raison?
BRIGIDA
Parce que c'est lui qui dans cette petite barquette s'approche sur la rivière.
DONA INÈS
Ah! donnez-moi des forces, mon Dieu!
BRIGIDA
Il arrive ; le voici qui touche terre. Ses gens nous feraient retourner ici; et puis, avant de nous en aller, il est nécessaire qu'au moins nous prenions congé de Don Juan.
DONA INÈS
Soit, mais allons-y à l'instant. Je ne veux pas le voir une fois de plus.
BRIGIDA (à pari)
Il te fera relever les jeux, quand tu le rencontreras face à face. — Allons.
DONA INÈS
Allons.
CIUTTI (au dehors)
Elles sont ici.
DON JUAN (au dehors) Éclaire.