‹ Don Juan tenorioChapitre 94 sur 127 · Deuxième partie. — Acte premier · texte numérisé non relu

Deuxième partie. — Acte premier

LE SCULPTEUR

Je dois fermer.

Ne fermez pas, et éloignez-vous.

LE SCULPTEUR

Mais ne voyez-vous pas ?...

Je vois une nuit sereine, et un lieu qui m'agrée pour jouir de sa fraîcheur ; et puis je veux être ici à mon plaisir, en dépit de tout Séville.

LE SCULPTEUR [à pari)

Serait-il, par hasard, atteint de folie, de délire ?

DON JUAN [se dirigeant vers les statues)

Eh bien! me voici, mes amis.

LE SCULPTEUR [d pari)

Ne l'ai-je pas dit? Il est fou.

Mais, Ciel !... Qu'est-ce que je vois ? .. Ou c'est une illusion de ma vue, ou l'artiste a, je crois, représenté ici Dona Inès.

LE SCULPTEUR

Sans doute.

Est-elle donc morte, elle aussi?

LE SCULPTEUR

On dit que c'est de douleur, quand, retournée à son couvent, elle s'y vit abandonnée par Don Juan.

Et elle repose ici?

LE SCULPTEUR

Oui.

La vîtes-vous morte, vous ?

LE SCULPTEUR

Oui.

Comment était-elle ?

Par Dieu! Je la crus endormie! La mort fut si miséricordieuse à sa candide beauté, qu'elle la frappa dans toute la fraîcheur et les nuances de la rose.

Ah! la mort eût difficilement pu anéantir de sa main stupide ce visage souverain qu'un ange envierait. Combien son image est belle et ressem-

Page 1