‹ Don Luis de Góngora y ArgoteChapitre 39 sur 49 · LA FIANCÉE · texte numérisé non relu

LA FIANCÉE

Le montagnard présente alors l'étranger

Au gracieux fiancé, puis au vénérable père

De celle qui, splendide, en elle se dérobe

Avec une douce sévérité, beauté éloquente

Qui montre, en un silence affable,

Une grâce muette ;

Telle, du vert bouton frisé

Où abrège sa splendeur la rose virginale,

Vient franger les découpures

Une nuance qui concède, pudique,

En la laissant deviner,

La pourpre qu'elle cache.

La vue de cette jeune fille, qu'il juge digne d'épouser un homme de haute naissance, le ramène au souvenir poignant de ses propres déceptions amoureuses. Sa douleur est telle qu'il l'eût manifestée par des larmes, si, à ce moment, n'étaient arrivés deux joyeux chœurs de vierges et d'éphèbes précédés de chalumeaux et d'autres instruments rustiques.

POÈMES DE DON LUIS DE GÓNGORA

Page 1