ACTE J, SCÈNE ti
« , ISACAR.
' Vous voyez cette maison?
FABIO
Celle de l'alcade et de la jeune mauresque.
ISACAR.
Portes en chêne, doublées de fer, verrouillées, cadenassées, des pointes d’acier sur les murs, des pièges à loups dans le jardin, et, rôdant nuit et jour dans la maison, une duègne à faire peur au diablo.
BABIO. , . . •
Comment sais-tu tout cela?
ISACAR.
Ce matin le seigneur alcade a voulu offrir à sa fiancée une paire de bracelets eu or... faux... et-, «pour lui laisser le choix, il m’a fait entrer près d’elle. i
FABIO
Tu l’as vue ? tif lui as parlé î - • ‘
ISACAR.
Grâce à mon air respectable ; tout autre y perdrait son temps et sa peine. Mais ce ii’est pas tout.
FABIO, inquiet.
Qu’y a-t-ii encore ?
• ISACAR, coufideutiellement. t
Un manteau bleu, relevé par une rapière, se promène par ici depuis quelques jours à l’heure où la belle se rend à Téglise.
FABIO»
Vraiment?
^ ISACAR, baiss&ot la voix.
! 0 n m'amème assuré qu’il lui avait fait tenir secrètement un , billet..
, , ! FABIO. ,
. Que tu auras pwté peut-être ? , >i I .1 ,
ISACAA» 1 ,*,r ■ ^ ‘
Quelque misérable l’eût fait à ma place; autant valait qu’un honnête homme profitât de la récomp^iser I' . 1
FABIO. '
t Le nom de ce cavalier? ' ' .1 - ■ ir - f„. . ,
• • ‘ fSACARi après uotemps.'-’ ' i ■ ’ . • i
Je l’ignore; mais sa figure est noble et sa vélx eomtnahde. * On devine quelque puissant seigneur.' " +
FABIO. ' ’
Eh bien ! que m’importe! Te souvieps-lu de l;i ^den,Uèfe course de taureaux? . ' , ,
ISACAR. ‘
Si je m’en souviens! Une barrière rompue, les, animaux furieux se ruant sur l’assemblée....
DON PÊDRB,
FABIO
Une jeune esclave arabe allait Atre alteinte, je l’ai sauvée au péril de ma vie...,
ISACAR.
Et vous venez sous son balcon ?.. '■
FAiilO.
• l’iv'rcher ma récorapen.se, > •
ISACAR.
Alors l’avis que je vous ai donné? ‘ ' -
FABIO, lui jetant sa bourse. * '
Je le paye. • '
ISACAR. '
Et ma discrétion?
FABIO
N’etant pas assez riche -pour racheter, tes oreilles m’en répondront. bonsoir! (il sort par le fond à droite.)
ISACAR.
Serviteur! Mes oreilles?,., j’y tiens, à mes rtreilles... cependant, pour im bon prix... En ath.ndant voilà une bourse assez rondelette et assez lestement gagnée ! (il t'éluigac par la gauche eu cuiiiplant ‘sou argent, pendant que l'alcade tort de cbei lui.)