SCÈNE lll
L’ALCADE, puii FABIO, puia ISACAR, caché. ^
l’alcade, à la cantonade et de mauraise humeur.
Oui, chère petite, j’y cours, '‘puisque cela peut te faire plaisir.
(il ferme la porte et t'aranee en scène.) LcS jc'.ines (illcs Ont de Singuliers caprices; celle-là surtout! Au moment de nous mettre à taWe, "voilà qu’il lui prend tout à coup une envie irrésistible de^ ' manger des grenades ! comprend-on ça? Et le marchand qui estparti ! où le trouver niHinteiiant? (ii remonte.) Ah! je l’aperçois. (Criant.) Eh!., l’homme! Le marchand de grenades!... par ici!..,
(il lui fait signe.)
. ISACAR, reparaissant.
Comment I... il le rappelle? C’est singulier! (u diaparait.) l’alcade, rereuant an scène.
Après ça toutes les femmes ont des caprices, et, quand on est aimé d’elles, il y a une foule de petites misères auxquelles il faut se soumettre.
FABIO, entrant et après avoir regardé avec surprise.
C’est VOUS, seigneur, qui m’avez appelé?
l’alcade.
Sanstloute, approche, et montre-moi tes grenades; les pins belles, entends-tu ! '
FABIO
C’est pour Votre Seigneurie?
ACTl I, SCÈNE iri. 9
l’ai.CADE. ' '
Non, je les déteste. C’est pour une jeune fille, ma fiancée.
FABIO
Une surprise que vous voulez lui faire?
l’alcade.
J’aurais bien trouvé, ma foi! C’est elle qui a désiré ffoûter de ces fruits.
FABIO, (’oubliant.
AhI c’est elle?
l'alcade.
^ Ça t’étonne ?
FABIO
Nullement, seigneur; et, pour que la jeune dame choisisse elle-môrae, entrons chez vous...
l’alcade, lu! barrant la route.
Halte-là ! Il n’est pas besoin dé tant de façons. ' *
' FABIO
Pardon, seigneur alcade, j’avais cru...
■ l’alcade.
Et, quant à pénétrer dans ma demeure, apprends, drôle, que ce n’cst pas chose facile.
DüO. > .
On n’entre pas dans ma maison,
Et je défends que l’on en sorte!
Ce logis est une prison
Dont seul, je puis franchir la porte !
Non, non, non, non.
De peur de trahison.
On n’entre pas dans ma maison !
FABIÜ.
Eh bien ! ma foi, je vous approuve.
l’alcade.
Le monde est peuplé de voleurs.
* FABIO
C’est vrai que partout on en trouve. ’’ l’alcaDe.
Et sans compter les séducteurs.
FABIO
Encore une séquelle infâme! /
l’alcade.
Avec elle point de repos!
FABIO
Pour moi, si jamais je pi ends femme,
Comme vous, en dépit des sots.
Je veux redire à tout propos :
(imilaut l’alcade.)
On n’entre pas dans ma maison.
Et je défends que l’on en sorte !
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I lËNSEMBI.F.
Ce Iok'is est une prison
Dont seul, je puis friinMilt' IN [Jdrtt! *''■ f '■ ' Non, iion^ non, non.
De peur (le Iraltison , i ■ ■■ f.
Ou n’enlro pas dans ma maison ! , . .
l’alcade., , ,
Mais revenons vite à ces fruits. i . j
PABIO^ montrant son panier*
Voyei... voyez, seignedr alcade.
l’alcade. '
Combien vends-tu chaque grenade?
IFABIO. - ' '
Tout au juste un maravédis. • • .1 .
.l’alcade.
C’est cher! mais alors je choisis. ■ . 1,
• tAtlO, àpaH • “
Affreux jalous, je -té tndudis!
L’ALCLADBji'kxàhimlit lu {Mt«. > ' '*
Ce n’est pas moi que l’en attrape.
■ I FABIO, k part. ■ .'.j
Grâce à lui, jè perds tout eVpoirl..,,;. . . , •‘1
l’alcade, rejetant des frnitt.
J’ai de bons yeux, rien ne m’échappe.
FABICK à part.
Il faut reüOnéet à fâ vbli'J ' ^ .
L’ÀLcibB, comptant.
Une, deux, trois et trpis.foht six.
' ^ÀBlb.
Prenez-vous la douzaine?
l’alcade.
. Non, ce n’est pas la peine.
Il ne m’en faut que dix?
‘ FABIO. '
Quoi!.. lien (pié dix!
l’alcadb.
Ni plus, ni moins!
V FABiq. ; '
. ,1 Quoi! rien que dix! 1 ;
ENSEMBLE
FABIO, à part, avec joie.
Ah! de ma belle L’amour fidèle 'Vîéht guider mes pas! .
O douce Ivresse!
Ah! sa tendresse Ne m’oubliait pas!
' ■'* i’ALCADÈ.
Auprès de taa hellé Quand l’araonr m’appelle.
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