ACTE I, SCÈNE V
cons4>i]. Qu’elle soupe sans moi si je tarde, et qu’elle ne s’aOlige pas trop de nnoti absence, (criant.) M’Ctitendez-vous?
, BÉRARDE, écarquillant lei jeux.
Plaît-il?
, l’alcade'.
Rentrez!.. Elle me ferait perdre patience'
BÉRARDE, en marchant.
V Ah ! qu'une bonne nuit passée dans un bon lit, après un bon repas.... (t'alcade la pousse dans la maison et tire 1a porte.)
l’alcade, à lui-même.
Si jamais je me trouve face à face avec le roi, je lui dirai que des alcades sont des machines... humaines... et que toute machine a besoin de... (ll s’arrête à la vue de trois ou quatre seigneurs couverts de grands manteaux, qui sont entrés pendant qu'il parlait et qui le saluent. Il leur rend un salut inquiet ; puis il se retourne et se trouve en face de quelques autres seigneurs qui le saluent aussi.). . .
l’alcade, à part. ,
Qu’est-ce que c’est que ces gens-là? (ll court s’assure^ que sa porte est bien fermée. Ensuite, il va pour sortir ; mais il s'arrête devant un autre seigneur qui vient d’entrer et qui le regarde sans le saluer. L’aleade lève lés yeux et fait un mouvement de surprise. Le seigneur lui fait signe de se taire. L’alcade s’incline alors profondément' et sort à reculons en faisant plusieurs saluts respectueux.
SCÈN-E V.
LE ROI, DON LUIS, DON TELLO, et autres seignsurs amis
DU KOI.
Doit TELLO, à don Luis en riant.
Sans l’arrivée du roi, l'alcade nous prenait, je crois, pour des voleurs.
DON'LUIS, riant aussi.
Quelle figure grotesque! Ah! ah ! ah! ■ ' ' t '
LE ROI, s'avançant.
Ne riez pas de cet homme, Messiem s. II va publier dans Tolède la volonté du roi. Jiisoue-là c’est mon autorité qu’il représente, et elle n’a rien de plaisant !
! . DON LUIS, à part.
Joli prélude pour un rendez-vous de table et de folie !
LE ROI
Son office rempli, je vou.s livre ce cher alcade, et s’il est quelque bon tour il lui jouer, peut-être moi-même vous donnerai-je I exemple. Couvn z-voiis ! Ne savez-vous pas (|u’en sortant du palais sous ce costume je laisse à ma porte la majesté rojfaleet son cortège d’étiquette? Ici, plus de rang, plus de distance' le plaisir nous fait tous égaux! D. Luis, entre là et commande à souper.
DON PÈORil.
'• ' ' BÇW TEU.Ô. . ■> • ' ‘
Dis à l’Iiôtcflierqiie si sacmsineest bonne, on lo i^ayi'ral '
■' tE-ROT. ' * ^ ,
Et que si -elle est mauvaise, on le battra. • •
DON TELLrt. '
A la bonne heure!... Voilà le roi qui s’égaye. ^ : fl
» -- LE ROI
Et par saint Jaoques> Messieurs, j’en ai besoin^ éar le sicéplite de Castille est lourd à porter. Mais, Dieu aidant, je saurai vain* ' cre plus d’une résistance; j’abattrai plus d’un orgueil indomptable, et^ si mes ennemis m’ont déjà surnommé leCruel, je m’ed consolerai en pensant que le peuple de Tolède m’appelle aussi • Pèdre le Justicier! (changeant de ton.) |Â propos, dou Telloj que' fais-tu de ta maîtresse, la belle Andalouse ? ' '
’ • - ■ DOS TELLOi ' ' i
Je lui cherche un mari.... ; ■ i-'-c
LE ROI, riant.
Fort bien I • <'0
»• , • » D. TELLOi «onriant. ' ‘
Et vousj Monseigneur, que faites-vonsde Maria Padilteî. "
'■ , . ‘ LE HOl. • '
Je vois que tu le sais aussi bfen que moi. - *
DON TELLO. ,
A quoi donc?
LF. HOt.
Au ton dqnt tu me le demandes. Je l’ai chassée ce matin, , ,
'■ TOUS
Ah ! bravo ! c’est bien fait !.. c’est justice !
LE ROI, gaiement.
Taisez-vous ^OQC, niais que vous êtes, vous vous éOnrprO*’ mettez. i<
TOUS
Comment? • • • *
LE ROI
Si quelque jour je la rappelais, je serais forcé de vous chasser à votre tour.
' • . TOUS
C’est juste, (une fanfare ae (ait entendre au loin.)
DON TELLO
.Qu’est-ce que cela?.. (Regardant au fond.) Quelle foule!.. Et, au milieu, ne voyez-vous pas l’alcade monté sur une borne, et lisant un parchemin?.. Sans doutÿ queU|ue nouvel édit qu’il public !..
LE ROI
Et que je vous recommande de méditer, Messieurs.
DON TELLO. ,
Défend-U le jeu, l’amour, ou de baltrc un usurier?.. •
Mieux que tout cela, vraiment!... 11 met un terme à cette fiè-
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