‹ Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 86 sur 127 · PARTIE II, CHÀ P;, XXXV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHÀ P;, XXXV

les autres , privé de l’usage de ses sens. Seigneur , lui dit notre héros en le prenant par la main , revenez à vous , tout est terminé ; vous en verrez la preuve dans l’écriteau suspendu à cette lance. Le duc, la duchesse et leur suite , faisant semblant de revenir d’un long évanouissement , racontèrent avec effroi cju a 1 instant ou Chevillard en feu était redescendu dans le jardin, la Doloride et ses compagnes , dépouillées de leurs barbes , avaient disparu tout à coup, et qu’eux-mêmes étaient tombés sans connaissance. Ils allèrent ensuite lire l’écriteau, félicitèrent don Quichotte, exaltèrent son courage ; et la duchesse questionna Sancho sur les périls qu il avait courus. L’écuyer, tout fier des éloges qu’on lui prodiguait, répondit qu’il avait beaucoup souffert en passant par la région du feu; qu’il avait même, sans le dire à son maître, relevé tant soit peu le mouchoir qui lui couvrait les yeux, et qu alors il avait découvert la terre au-dessous de lui , aussi petite qu’un grain de moutarde. On parut surpris de cette assertion ; Sancho, pour la confirmer, ajouta que les hommes, qu’il distinguait fort bien, n 'étaient pas plus gros que des noisettes. Il dit encore , car il était en train de raconter, une foule d autres détails sur les merveilles qu il avait

vues ; et lorsque don Quichotte étonné voulut lui faire quelques objections , l’écuyer voyageur , s’approchant de son maître , lui dit : Monsieur, je n’ai pas douté de ce que vous avez vu dans la caverne de Montésinos ; ayez la bonté de croire de même ce que j’ai vu dans le ciel.

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