DO» QUICHOTTE
avec son jeune écuyer, Danscelirre, au moins, les chevaliers inangent, dorment, vÎTent et meurent comme les autresbommes. Je n'en aurais pas moins envoyé l'auteur 'aux galères pour avoir écrit sérieusemenl et de bonne foi ce qui me fait rire dans son ouvrage; mais gardez-le, maître Nicolas, et lisez-le quand vous voudrez vous divertir. > -
■J'aperçois, coutinua-MI, beaucoup de petits volumes qui doivent être des poésies. Justement! voieilaZ)îarte deMontémayor. Je ctob, sauf meilleur avis, que nous pouvons sauver ceui-lù. Ce sont des livres d'amours, de galanterie, de bergerie, qui ne sont pas d'uu grand danger. — Pardonnez- moi, s'écria la nièce ; je vous conseille de les briller aussi ; car si mon oncle revient de sa maladie de chevalier, et qu'en lisant ces livres-là il lui prenne fantaisie de se faire berger, d'aller courir les prés en jouant de la Qûte ou de la musette, vous conviendrez que nous n'en serons guère mieux : et ce serait bien pis, ma foi! s'il allait se faire poète ; folie qu'où dit être la plus dangereuse et la plus incurable de toutes. — C'est fort bien vu, reprit le curé ; il n'y aura pas de mal d'âter cet écueil à notre ami. Cependant je ne puis me résoudre à briller la Diane de Montémayor ; et si l'autenr voulait bien en retrancher la magie et les grands vers, je lui laisserais l'honneur d'être le premier ouvrage de ce genre. Quant à ses continuateurs, livrez-lesà madame la gouvernante, en conservant le seul Gil-Polo. — Voici, lui ditle barbier, un roman intitulé: l£S dix livres deFortune et d'amour, par Antoine de Lofrast, potftesarfie.— Ah!parlesordreBquej'aireçiis,repritlecuré,jeDe connais pasdelivreplusamuaant. Donnez-le moi, moncompèra; je vous jure que j'aurais vendu ma soutane pour l'acheter. — Ktfe Pasteur tfHibirie, les Nymphes de l'Hénarés, le Remède fie la Jalousie f — A madame la gouvernante ; et finissons, car il est tard. — Voilà le Chansonnier de Maldonado, et le Trésor des poésies diverses. — Plus ces trésors-là sont grands, et moins ils ont de valeur. Gardez-le, si vous voulez, pour le diminuer beaucoup. — Et la GaJalée de Michel de Cervantes f qu'en ferez-vous ? — Doucement , mon cher compère! ne badinons pas, s'il vous plaît. L'auteur est mon intime ami ; de plus il est bien malheureux. Son ouvrage n'estpassani mérite; il «it
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vrai qu'il commence beaucoup d'histoins et qu'il n'en Huit aucune. Il faut attendre, potirle juger, la seconde ;*artie, qu'il a promise. J'espère qu'il se rendra digne de la miséricotde dont j'use envers lui. Metlez-Ie de dtté, maître Nicolas; j'ai mes raisons. — Nous avons ici VÀraucana dedon JUttuo de ErciUa arec VAwMade de Juan Rufa, et le Honurrat de Chrlttophe de feintés, — Ces trois onn-ages, dit le curé, sont ce que l'Espagne a de mieux en vers béroïqnes. Ce sont les seuls que nous puissions opposer aux poëmM des Italiens. Gardez-vous bien de les livrer à madame la gouvernante. Pour toutce qui reste, je le lai abandonne, car je commence à être