‹ Don Quichotte de la MancheChapitre 132 sur 146 · L.,<>,l,:^i 1„ Gotiglc · texte numérisé non relu

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PASTII II, CHfcP. XLUI. 44S

lettres; car ju sais filer, mais je ne stia pas lire. — Hi moi aoa plns,B*ëcri> Saocbette, etj'eniaisbLenflcbéeaujoiinl'bui; mais attendez, je m'en TÛa cherche! mondear le curé ou monsieur le bachelier Samson Cartaseo-, ila seront charmés d'appreudre deft nouvelles de monpère.-— Ce n'est pas la peine, dit le page; je ne sais pas filer, mais je sais lire; et ri todh te dégiïez Je lirai la lettre do gouverneur. • Aussitôt le page obligeant fit cette lecture, et passa tout de suite aprèsaulnllet de le duchesse, conçu en ces termes :

> Ha cbère amie, les eiedlentee qualités que j'ai leconnaet dans votre mari Sancho m'ont eogagée à le feire nommer, par mou époax le duc, gtHivemeor d'une de nos tlea. Depuis qu'il occupe cette importante place, j'ai su qu'il disait le bonheur fX radmiration de ses vassaus; et j'ai voulu vous donner part de la joie que m'ont causée ces bonnes nouvelles,

« Je voas envoie une chaîne d'or, que je vous prie d'accepter et de porter ponr l'amour de moi. J'aurais désiré qu'elle fdt plus bdie. Un temps viendra, ma chère Thérèse , où nous non» eannaltrons davantage; j'espère alors satisfaire mieux ma tendre amitié pour vous. J'embrasse de tout mon «sur votre aimable fille Sandiette ; je vous prie de lui dire que je m'occupe de M chercher un époux digne de la fille d'un gouverneur. Écrivez-moi , parlez-moi longuement de votre famille, de Vos * affaires, de tdutce qui vousintéresse; vous Stes sâre de m'obliger en me demandant de tous être utile. Pour encourager votre confiance, je yoos prie de m'envoyer deux douzaines de glands de votre paya, que Ton dit être excrilentt, et que Je trouverai meilleurs lorsqu'ils me viendront de vous. Adieu, ma chère Thérèse; que Dieu voas garde et vous fasse aimer un peu votre bonne amie ,

t Ab! s'écria Thérèse à cette lecture, qu'elle est bonne, qu'elle est affable, qu'elle est charmaMe cette duchesse! Parlez-moi d'une grande dame comme eelle-là , et non pas de nos femmes de gentilshommes, qui, piree que leurs maria cbassent aolé-

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vrier, pensent que le vent a tort de leur souffler au visage, s'en vont à l'église avec des airs d'in&nte , et se croiraient déshonorées de regarder use paysanne. Voilà pourtant une duchesse, une vraie duchesse, qui m^appellesa bonne amie, qni metraite conune BODégale:ahlpuisse-t-ellen'euaToirjaniaisen dignités, en biens, enbonheurl Mon cher monsieur, madame la duetiesse aime dmc les glands? Elle en aura, elle en aura; je vais lui en envoyer nn boisseau, et je vous réponds qu'ils seront choisis. Mais, Sanchetle, il faat faire rafraîchir ce beau monsieur, qui le mériterait bien même sans les bonnes nouvelles qu'il nous apporte. Allons, Me, allons, prends soin du cheval, mène-le à l'écurie, va chercher des oeuâ dans le poulailler, coupe une bonne tranche de jambou, fais du feu, prépare la poêle, tandis que je cours annoncer tout ceci à nos parents , à nos voisins , à ce bon monsieur le curé , au barbier maître Nicolas , qui sont tons amis de ton père. — Oui, ma mère, répond Sanchette, oui, ma mù«, oui, vous avez raison ; mais vous me donnerez bien la moitié de cette belle chaîne. — Eb I nwn enbnt, elle est toute pour toi ; je te dcRiaBde seulement <le me la laisser porter quelques joun, parce qu'elle me réjouit le «Bur. — Vous n'avez pas tout vu, reprit le page; j'ai encore ici un bel habit vert, que le gouverneur n'a mis qu'une fois, et qu'il envoie à inaderaoiselle sa fille. — Ah, le bon père! » s'écria Sanchetle en courant a l'habit vert, qu'elle déplia , retourna , examina , et dont elle fut enchantée.

Pendant ce temps, madame Thérèse, ses lettres'à la main, sa chaîne d'or au cou , était sortie de sa maison , courant et dansaut dans la rue. Les premières personnes qu'elle rencontra furent le curé et le bachelier Carrasco : • Bonjour, messieurs, leur dit-elle en riant, bonjour, bonjour! j'allais chez vous pour vous faire part des excellentes nouvelles que je reçois. Tout ne va pas mal , Dieu merci 1 comme vous le saurez bientôt ; mais je vous préviens que dorénavant il ne faudra point que les dames da village fassent les fières avec moi, car nous le tenons enfin le petit gouvernement I —Qu'est-ce donc que cette folie, madame Tbérèse? lui répondit le curé; et quels papiers avez-vousli? — Iln'f a point de folie, monsieur; et ces papiers ne sont rien que des lettres que m'ont écrites un gouverneur et une duebetse.

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