DOIT QUICHOTTE
sQttterratnedame. — Vous voules dire souiteTaiw, reprit le barintT. —Ooi, c'était souveraine, }t m'en souviens. Ensuite il disait : Celui dont le cœur est blessé mvs souhaite, ennemie adorée, l'affreux état oit U est réduit. W y avait après cela des tristes fours , et puis , un seul mot; et , après le seul mot, cela finissait par votre , jusqu'à la mort, chevalier de ta Triste Fi' gure. Voilà toute la lettre à peu près. >>
Le barbier et le curé félicitèrent Sancho sur son heureuse inémoiie, et lui firent répéter deux ou trois fois cette lettre , atin de la copier. Sancho la répéta de deux ou trois foçous différentes , et raconta dans un grand détail tout ce qui lui était arrivé avec son maître, sans pourtant juger â.propos de dire qu'il avait été berné dans cette même batellerie, ou il refusa d'entrer. Il ajouta qu'aussitât après son ambassade à madame Dulcinée SOD maître était décidé à s'aller faire empereur quelque part; que, quant â lui, son parti était pris : dès qu'il serait veuf, ce qui ne pouvait manquer d'être prochain, d'épouser une demoiselle de l'impératrice , qui lui apporterait en dot un bon duché en terre ferme, parce qu'il était revenu des lies, et qu'il ne s'en souciait plus. Sancho disait tout cela d'un si beau sang-froid , d'un ton si tranquille , en essuyant de temps en temps les égratignures qu'il s'était faites , que le curé et le barbier jugèrent fort mutile d'essayer de lui parler raison, et le regardèrent au moins comme aussi fou que son maître.
■ Je vous &ÎS d'avance mon compliment, reprit le curé; car je vois bien qu'avant peu le seigneur don Quichotte sera roi, ou tout au moins archevêque : alors,... — Archevêque, interrompit récuycr, il nem'eaapoint parlé; mais si cette fantaisie allait lui prendre, dites-moi ce que les archevêques errants ont coutume de donner à leurs écuyers. — Ordinairement ils les font jouir de quelque bénéfice simple, d'une bonne core ou de quelque chapelle, qui leur rapporte beaucoup, sans compter le casuel.— Diable ! j'aimerais assez un bénéfice ; mais pour le posséder il faut n'être pas marié, et savoir an moins servir la messe. Me voilà joli garçon, moi qui ai une femme, et qui ne .sais rien! Oh , messieurs i je vous demande en grâce de détourner mon maître de ce projet , et de l'engager à se faire tout bonnement
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empereur. Le barbier et le curé lui promireot d'en parler à doii Quichotte. ■ Hais, ajoutèrent-ils, nous devons nous occuper à présent de le tirer de son désert; nous réfléclurong )àdessus'à table ; venez avee nous dans l'anbei^e. — Non, répondit Sanchoen détoumantlatéte; si cela vous est égal , je n'entrerai point dans cette auberge-là ; je tous en dirai quelque jour les raisons. Vous pouvei m'eavoyer ici mou dtner, arec un peu d'orp pour Rossinante. " On ne le pressa pas davantage, et le barbier lui fit porter à manger.
Le curé pendant ce temps imaupnait un moyen qui devait réussir auprès de don Quicbolte pour le conduire où l'oa voudrait : c'était de s'habiller en demoiselle errante, en se couvrant le visage d'un voile*; de déguiser maître Nicolas en écuyer, et de s'en aller ainsi sa jeter aux pieds de notre héros, en lui demandant un don. Après que ce don serait accordé , la demoiselle, affligée, devait le prier de venir avec elle pour la venger d'un clievalierfélon, et ie prierait de ne point exiger qu'elle dtât son voile avant la fin de cette aventure. De cette manière ou était certain de mener don Quichotte jusqu'à son village, où l'on essayerait de guérir son inconcevable folie.