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333 DON QDICHOTTB.
Quichotte; il sait trop quel sort l'attefulrait s'il osait porter la main sur les membres délicats de son ainouroise fille. ■
Tandis qu'il parlait, Maritorne préparait^ tout douueauBt le licou del'âne de Saacho, qu'elle avait |uîb à dasseia. Dod Quichotte , pour arriver jusqu'à la jalouâe, ranita debout but Ros* sinante ; de là , étendant god bras au milten du bon à paille : ■ La voilà, dit-il, cette main , l'efiroi des méchants et l'aj^iui des bous ; cette main que jamais fenune n'a touchée, pas mSme celle <]ue j'adore. Je vous la donne, non pour la baiser, mais pour que vous admiriez ses veines, ses muscles entrelacés, et que vous jugiez par eux de la force de mon bras terrible. — C'est ce que nous allons voir, » reprit la maligne Uaritorne enjeiant le ncead coulant qu'elle avait fait au licou sur le poignet de don Quichotte. Elle tire aussitdt la corde , va l'attacher à la porte , et quitte le grenier avec sa compare.
Don Quichotte , se sentant pris , et ne voyant pins personne , commence à craindre que cette aventure ne soit encore un enchantement semblable à ceux qu'il avait éprouvés dans cette &taie maison. Il se reprochait sa confiance, et tirait tant qu'il pouvait son bras , dont il serrait davantage le nœud. Debout sur la ' selle de Rossinante, le poignet arrêté dans le trou à paille, il tremblait que son cheval ne fît quelque mouvement et ne le suspendit au mur. BeuceusemBnt la tranquille bâte ne remua non plus qu'une bilche, et paraissait disposée à rester un siècle sans remuer. Ce fut alors que notre héros désira de posséder cette épée d'Amadis qui rompait tous les enchantements ; ce fut alors qu'il appela pour leseuourir, et le savant Alguif, et sa bonne araieUrgaude, et son fidèle écuyer Sancho. Aumin mchanteuv ne venait : Saucho , sans se souvenir qu'il eût un maître, ronOait sur le bât de son âne. Don Quichotte, désespâré, mugissait comme nu taureau furieux, et ne doutait plus, en voyant la par&ite immobilité de son coursier, qntils ne fussent endtantés ensemble jusqu'à la lin des siècles.
L'aurore parut enfin : quatre cavaliers armésd'eseopettes arrivéreat à rhôlcllerie. Ils frappèreot à coups redoublés , en demandant qu'on leur ouvrit. « Chevaliers ou écuyers, cria don Quichotte de dessus son cheval , ignorez-vous qu'on n'ouvre les
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forteresses qa'après le lererda soleil PÉ1oigne&-voiis des glacis, attendez qu'il fREse graod jour; alors on verra si l'on p«ut vous introduire dans ce château. — Que diable voulez-vous dire avec votre forteresse et votre château? répond on des cavaliers ; faut-il tantde cérémonies pour entrer dans ua cabaretP Si vous êtes le «abaretier, Mtes-noas ouvrir, et donnez-nous un peu d'avoine , c'est tout M que nous wrions. — TScbeE d'y voir et de parler mieux. Ai-je l'air d'un cabaretierP^J'ignore quel air vous aveE, et {eue m'en soucie guère....' Alors, saus écouter davantage les discours de notre héros, lescavaliersfrsppèrentpius fort, etré> veillèrent l'aubergiste, qui se leva pour ouvrir.
Il arriva danscet instant que la jument d'an des cavoliMS s'en vintilairerRossinante, qui, triste, mélancolique, les oreilles basses , le cou étendu vers la terre, soutenait, sans remuer, son pauvre maître suspendu. Rossinante, malgré son air, aimait, comme on sait, les juments. Dès qu'il sentit celle-ci qui lui disait les avances, il releva son long cou, dressa les oreilles, et se ranima. Aa premier mouvement qu'il fait , les pieds de don Quichotte quittent la selle ; notre héros tombe le Ion;; du mur , et serait descendu jusqu'en bas , sans le licou qui le retenait fbrtement parle poignet. La douleur qu'il éprouva fut d'autant plus vive, que sou maigre corps, s'allongeant par son poids, arrivait presque jusqu'à la terre, qu'il rasait de l'extrémité des pieds. Le désir de s'y appuyer lui faisait f^re des efforts qui aoginentaieDt ses souffrances ; il en jetait des cris affreux ; et l'aube^iste , qui les entendit, se pressa d'avantage d'aller à la porte.