‹ Don Quichotte de la Manche, traduit de l'espagnolChapitre 8 sur 119 · PARTIE I, CHAP. I · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAP. I

rencontre avec un géant , ce qui arrive tous les jours, et que du premier coup je le renverse, le partage par le milieu du corps , ou enfin l'oblige à se rendre, ne me sera-t-il pas agréable d'avoir une dame à qui l'envoyer , afin que , se présentant devant elle , il vienne se mettre à genoux , et lui dise d'une voix soumise : Madame , ■ U3 voye* ici le géant Caraculiambro , souverain de l'île de Malindranie. L'illustre chevalier que la renommée ne peutjamais assez louer , don Quichotte de la Manche , après m'avoir vaincu en combat singulier, m'a prescrit de me rendre aux pieds de votre grandeur pour qu'elle dispose de moi.

O que notre héros fut content de lui lorsi|U il eut fait ce discours ! et qu'il le fut davantage quand il eut trouvé le nom de sa dame ! On prétend qu'il avait été jadis amoureux d'une assez jolie paysanne des environs , qui iamaisn en avait rien su, ou ne s'en était guère l'iciée. Ce fut elle qu'il établit la souveraine Ue son cœur.Elle se nommait Aldonza Loren/.o; mais, voulant lui donner un nom plus conveible à une princesse, il l'appela Dulcinée du boso. C'était dans ce village qu'elle demeuit. Ce nom, qui lui coûta du travail, lui u'ut aussi harmonieux , aussi agréable, aussi vpressif que tous ceux qu'il avait choisis.

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