SUR LES SOURCES DE « DON SANCHE
Ou lit. au début de \ Examen de Bon Sanclie : « Celte pièce est toute d'iuvention, mais elle n'est pas toute de la mienne. Ce qu'a de fastueux le premier acte est tiré d'une comédie espagnole, intitulée El Palacio confuso; et la double reconnaissance cjui finit le cinquième est prise du roman de Dom Pelage. »
Pourquoi Corneille, qui d'ordinaire indique avec tant d'exactitude et même de complaisance les sources où il puise, est-il si sobre ici d'indications précises? A s'en tenir aux modèles qu'il cite, pourquoi n'en nomme-t-il même pas les auteurs? Le second de ces modèles, le roman français, est connu ^, trop connu pour la gloire de son auteur le sieur de Juvenel : c'est une de ces compositions prolixes de la première moitié du xvii^ siècle, semées d'avenlures incroyables, coupées de récits parasites, et dont les romans de M'^<^ de Scudéry ne peuvent donner qu'une idée très embellie. Mais Corneille l'a lu et l'a mis à contribution : cela suffit pour qu'on essaye d'y retrouver non pas M. de Juvenel, mais Corneille lui-même.
Voici le titre exact du roman français de 1644, dont Cor iieille s'est souvenu dans la comédie héroïque de 1650 :
1. On le trouve à la Bibliothèque .387 ; et à l'Arsenal, 13863, BL. - Nationale. Inventaire Y* 6821, — Y* 2 vol. in-8".