Dans le Discours des trois unités
Corneille observe que « c'est un grand ornement pour un poème que le choix d'un jour illustre et attendu depuis quelque temps h, et il cite Horace, Rodogune, Andromède et Don Sanche.
Nous Talions voir ici faire choix d'un époux.
Que ne puis-je, ma fille, en dire autant de vous!
Nous allons en des lieux sur qui vingt ans d'absence
Nous laissent une faible et douteuse puissance :
Le trouble règne encore où vous devez régner; 15
Le peuple vous rappelle, et peut vous dédaigner.
Si vous ne lui portez, au retour de Gastille,
Que l'avis d'une mère et le nom d'une fdle.
D'un mari valeureux les ordres et le bras
Sauraient bien mieux que nous assurer vos Etats, 20
Et par des actions nobles, grandes et belles,
Dissiper les mutins, et dompter les rebelles.
Vous ne pouvez manquer d'amants dignes de vous;
On aime votre sceptre, on vous aime; et, sur tous.
Du comte don Alvar la vertu non commune 25
Vous aima dans l'exil et durant l'infortune.
Qui vous aima sans sceptre, et se fit votre appui.
Quand vous le recouvrez, est bien digne de lui.
Ce comte est généreux, et me l'a fait paraître; Aussi le ciel pour moi l'a voulu reconnaître, 30
Puisque les Castillans l'ont mis entre les trois Dont à leur grande reine ils demandent le choix;