ACTE II , SCENE IV
Je me consolerais toutefois avec joie
Des faveurs que sans inoi le ciel sur vous déploie,
Et verrais sans envie agrandir un héros, G35
Si le marquis tenait ce qua promis Carlos,
S'il avait comme lui son bras à mon service.
Je venais à la Reine en demander justice;
!Mais, puisque je vous vois, vous m'en ferez raison.
Je vous accuse donc, non pas de trahison, 640
Pour un cœur généreux cette tache est trop noire, Mais d'un peu seulement de manque de mémoire.
CARLOS
Moi, Madame?
D. EL VI RE
Ecoutez mes plaintes en repos.
Je me plains du marquis, et non pas de Carlos. Carlos de tout son cœur me tiendrait sa parole ; 645 Mais ce qu'il ma donné, le marquis me le vole; C'est lui seul qui dispose ainsi du bien d'autrui, Et prodigue son bras quand il n'est plus à lui. Carlos se souviendrait que sa haute vaillance Doit ranger don Garcie à mon obéissance; 650
Qu'elle doit aliermir son sceptre dans ma main ; Qu'il doit m'accompagner peut-être dès demain; Mais ce Carlos n'est plus, le marquis lui succède, Qu'une autre soif de gloire, un autre objet possède. Et qui, du même bras que m'engageait sa foi, 655
Entreprend trois combats pour une autre que moi. Hélas! si ces honneurs dont vous comble la Reine Réduisent mon espoir en une attente vaine ;
Gilô. Ce n'est pas le seul exemple, chez Corneille ni , d'ailleurs , aii XVII'- siècle, d'agrriiidir avant pour régime un nom de personne.
Elle a voulu le perdre, et non pnf m'agrnndir. {.Mcomede. iVoS.j
039. ]'ou.<t m'en ferez raison, vous m'en rendrez compte; ceci est ironique et dit avec \in f-ourirc. Au vers 1342 on trouvera se faire rnison avec une nuance dilTércnte de sens.