‹ Don Sanche d'AragonChapitre 73 sur 111 · rs'est-ce pas un très ingénieux · texte numérisé non relu

rs'est-ce pas un très ingénieux

artifice pour se débarrasser de tous deux ? Car elle les connaît, et elle ])révoit leur refus.

916. Il ne sera que le mari de la reine : voilà les comtes prévenus.

917. Pus... personne... tlouble négation. A propos de ces emplois de pus ou point dans des tours où, d'aprèsl'usage actuel, ils sont surabondants, M. Marty-Laveaux rap]ielle que pas on point n'avaient à l'origine par euxmêmes aucun sens négatif et signifiaient simplement la valeur d'un pas, d'un point. Littré cite Bossuet : « Nou> n'avons pas le pouvoir de faire mourir personne » {Ilist., II, 10\ et La Bruyère {Tliéoplir., ih) : u II ne daigney;n5 attendre personne ».

D. MANRIQUE

Oui, Madame, aux plus longs et plus cruels trépas, 920 Plutôt qu'à voir jamais de pareils hyménées Ternir en un moment l'éclat de mille années. Ne cherchez point par là cette union d'esprits : Votre sceptre. Madame, est trop cher à ce prix; Et jamais —

D. ISABELLE

Ainsi donc vous me faites connaître 925

Que ce que je l'ai fait il est digne de l'être, Que je puis suppléer l'obscurité du sang?

D . MANRIQUE

Oui, bien pour l'élever jusques à notre rang.

Jamais un souverain ne doit compte à personne

Des dignités qu'il fait, et des grandeurs qu'il donne : 930

S'il est d'un sort indigne ou l'auteur ou l'appui.

Comme il le fait lui seul, la honte est toute à lui.

Mais disposer d'un sang que j'ai reçu sans tache!

Avant que le souiller il faut qu'on me l'arrache;

J'en dois compte aux aïeux dont il est hérité, 935

A toute leur famille, à la postérité.

D. ISABELLE

Et moi, Manrique, et moi, qui n'en dois aucun compte. J'en disposerai seule, et j'en aurai la honte. Mais quelle extravagance a pu vous figurer

924. Bien que cet orgueil nobiliaire ••.. Les ordres des rois

ait quelque chose de puéril dans l'cxprcs- l'èvent louto déOrnse et passent toutes lois.

. ^ • j j AI • j ' i„-t (Rotroii, hehsaire, V, h.)

sion, ce cri de don Manrique ne deplaxt ,, , ^ ' „,- »

pas. L'intérêt n'est pas tout pour ^ oyez la note du vers 34o. - A|a-

, • ' raemnon repond a Achille, au vers \6io

lui. j>r J ■ ■

d Jpkigenie :

925. Ainsi donc équivaut à : est-ce [desseins. donc ainsi ?.... Seigneur, je ne rends point compte de mes

927. Voyez le vers 89G, que D. Isa- ^-^fi- C'est la môme idée ou le même belle rappelle ironiquement. orgueil aristocratique qu'on trouve au

fond de quelques-unes des plus belles

928. Oui bien, oui, sans doute, s'il ne scènes du Cid : les descendants sont s'agit que de... Mais... Voyez l'article solidaires des aïeux, et Thonneur de Oui bien dans le Lexique Godefroy et ];i race est un héritage que les pères les nombreux exemples qu'il donne de tiennent à transmettre intact aux (ils. ♦•cttc ancienne locution. Seulement, ici, la cause de cette belle

■'^"- indignation n'a rien de tragique.

Un r<ji doit pouvoir tout.... ^•^^- Corneille écrit conte; c'est son

{l'ertharitc, 1\', ;J.i orthographe constante.

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