‹ Don Sanche d'AragonChapitre 80 sur 111 · ACTE IV, SCENE I "J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I "J

Je })artis sans lumière en ces obscurités :

Mais, le voyant venir avec ces députés,

Et que c'est par leurs gens que ce grand bruit éclate

(Voyez qu'en sa faveur aisément on se flatte!], iloO

J'ai cru que du secret le temps était venu.

Et que don Sanche était ce mystère inconnu;

Qu'il l'amenait ici reconnaître sa mère.

Hélas! que c'est en vain que mon amour l'espère!

A ma confusion ce bruit s'est éclairci; 1155

Bien loin de l'amener, ils le cherchent ici;

Voyez quelle apparence, et si celte province

A jamais su le nom de ce malheureux prince.

D . L o P E Si vous croyez au nom, vous croirez son trépas,

[n'est pas; 1160 Et qu'on cherche don Sanche où don Sanche Mais si vous en voulez croire la voix publique. Et que noire pensée avec elle s'explique. Ou le ciel pour jamais a repris ce héros, Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos. Xous le dirons tous deux, quoique suspects d'envie, 1165 C'est un miracle pur que le cours de sa vie. Cette haute vertu qui charme tant d'esprits. Cette fîère valeur qui brave nos mépris. Ce port majestueux qui, tout inconnu même, A plus daccès que nous auprès du diadème; 1170

Deux reines qu'à l'envi nous voyons l'estimer. Et qui peut-être ont peine à ne le pas aimer; Ce prompt consentement d'un peuple qui l'adore : Madame, après cela j'ose le dire encore,

1147. Saiix lumieie, sans renseigne- Muis Tapprirence, ami, que vous puissiez lui

ment qui put ni'éclairer. [^plaire... ?

1150. Voyez que, voyez comme. A [Cinna, iOl.)

propos du vers 128 à' Horace, Voltaire Chez Rotrou et Corneille, piovince a

regrette la disparition de ce tour vif et souvent le sens iXèiiit.

naturel. 1166. C'est un pur, un vrai niiracl»!,

11.53. Vau. : Reconnaître une niùrc. c'est purement un miracle. La cons-

(16.30-00.) truction est remarquable.

1157. Quelle nppnreinc^ s'il y a là 1174. Vak. : J'o.".e vous dire encore.

<iuelque vraisemblance. (1050-56.) On sait que Corneille aime

Ou le ciel pour jamais a repris ce héros, 1175

Ou cet illustre prince est le vaillant Carlos.

Nous avons méprisé sa naissance inconnue;

Mais à ce peu de jour nous recouvrons la vue,

Et verrions à regret qu'il fallût aujourd'hui

Céder notre espérance à tout autre qu'à lui. 1180

D. LÉONOR

11 en a le mérite et non pas la naissance; Et lui-même il en donne assez de connaissance, Abandonnant la R.eine à choisir parmi vous Un roi pour la Castille, et pour elle un époux.

D. M AN RI QUE

Et ne voyez-vous pas que sa valeur s'apprête 1185

A faire sur tous trois cette illustre conquête?

Oubliez-vous déjà qu'il a dit à vos yeux

Qu'il ne veut rien devoir au nom de ses aïeux?

Son grand cœur se dérobe à ce haut avantage,

Pour devoir sa grandeur entière à son courage; 1190

Dans une cour si belle et si pleine d'appas,

Avez-vous remarqué qu'il aime en lieu plus bas?

D . LÉONOR

Le voici : nous saurons ce que lui-même en pense.

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