D. LÉONOR, CARLOS. D. MANRIQUE. D. LOPE CARLOS
Madame, sauvez-moi d'un honneur qui m'offense :
Un peuple opiniâtre à m'arracher mon nom 1195
ces refrains; voyez les vers 304 et 044. — Ce sont là, pour don Lope, autant tle marques certaines d'illustre origine. 11 ne peut même lui venir à l'esprit C[u'un roturier généreux pourrait les réunii-, puisqu'un roturier ne saurait être , proprement, généreux.
11T8. Jniir, comme Uimicrr au vers 1147; voyez la note du vers 8:5>.
W^'A. Abundoiuiunt la reine a choisir....
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il la
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le soin de
Aussi a'aurais-jepas Abanrlojiric mon cœur à suivre ses appas. (Molière, EcnU- dus maris, U, 9.) 1192. Corneille dit frcîquemment : aimer en même lieu, en d'autres lieux, en bon lieu.
Fu:Uz un Hou plus liant l'honneur de vos ca- [resses.
[Polyeucte, 38'J.)
Veut que je sois don Sanche, et prince d'Aragon. Puisque par sa présence il faut que ce bruit meure, Dois-je être, en l'attendant, le fantôme d'une heure? Ou, si c'est une erreur qui lui promet ce roi, Souffrez-vous qu'elle alnise et de vous et de moi? 1200
D . L i': o N o R Quoi que vous présumiez de la voix j^opulaire, Par de secrets rayons le ciel souvent l'éclairé : ^ ous apprendrez par là du moins les vœux de tous, Et quelle opinion les peuples ont de vous.
D . L o 1' E Prince, ne cachez jilus ce que le ciel découvre; 1205
Xe fermez pas nos yeux quand sa main nous les ouvre. Vous devez être las de nous faire faillir. Nous ignorons quel fruit vous en vouliez cueillir, Mais nous avions pour vous une estime assez haute Pour n'être pas forcés à commettre une faute; 1210
Et notre honneur, au vôtre en aveugle opposé, Méritait par pitié d'être désabusé.
?sotre orgueil n'est pas tel qu'il s'attache aux personnes, Ou qu'il ose oublier ce qu'il doit aux couronnes; Et s'il n'a pas eu d'yeux pour un roi déguisé, 1215
Si l'inconnu Carlos s'en est vu méprisé, Nous respectons don Sanche, et l'acceptons pour maître, Sitôt qu'à notre reine il se fera connaître; Et sans doute son cœur nous en avouera bien. Hâtez cette union de votre sceptre au sien, 1220
Seigneur, et, d'un soldat quittant la fausse image.
1198. L'erreur passasière du j)euplc fait de lui un iantùuie de roi, puisqu'il n'a que l'apparence delà dignité royale <ju"on salue en lui.
1202. On connaît le proverbe : La voix du peuple est la Aoix de Dieu. Il ne faudrait pas transformer Léonor «n reine « démocrate » : il n'est question ici que de l'insllnrt populaire, qui I encontre souvent la vérité.
120". Ils r)nt « failli » lorsqu'ils ont traité en aventurier celui en qui main-
tenant ils saluent un prince : cette faute est une méprise.
1208. Cueillir, plus naturel et plus poélic(ue, avec fruit, que notre recueillir. Voyez Ciiinrr, 876, où cueillir rime aussi avec faillir.
121.5. C'est un plaidoyer personnel, un peu contraint, mais sans bassesse.
121i). JS'oiis en avouera, nous en a])prouvera. On a d<'>jà vu le mot aveu au ver» 178. Vovez Cid. I'i71, et Horace.
DOX SANCHE D ARAGON
Recevez, comme roi, notre premier hommage,
CARLOS
Comtes, ces faux respects dont je me vois surpris
Sont plus injurieux encor que vos mépris.
Je pense avoir rendu mon nom assez illustre 1225
Pour n'avoir pas besoin qu'on lui donne un faux lustre.
Reprenez vos honneurs où je n'ai point de part.
J'imputais ce faux bruit aux fureurs du hasard,
Et doutais* qu'il pût être une âme assez hardie
Pour ériger Carlos en roi de comédie : 1230
Mais, puisque c'est un jeu de votre belle humeur,
Sachez que les vaillants honorent la valeur,
Et que tous vos pareils auraient quelque scrupule
A faire de la mienne un éclat ridicule.
Si c'est votre dessein d'en réjouir ces lieux, 1235
Quand vous m'aurez vaincu vous me raillerez mieux :
La raillerie est belle après une victoire;
On la fait avec grâce aussi bien qu'avec gloire.
Mais vous précipitez un peu trop ce dessein :
La bague de la reine est encore en ma main; 1240
Et l'inconnu Carlos, sans nommer sa famille,
Vous sert encor d'obstacle au trône de Castille.
Ce bras, qui vous sauva de la captivité,
Peut s'opposer encore à votre avidité.
D. MANRIQUE
Pour n'être que Carlos, vous parlez bien en maître, 1245 Et tranchez bien du i^rince, en déniant de l'être.
1222. Ici encore, c'est don Lopc, toujours galant homuie, qui a pris les devants.
1226. C'est sur ce ton altior(|ue parle Nic:oinède.
1228. Aujc fureurs du liasurd est une expression bien peu nette : il y a dans furaiirs l'idée d'une o[)inion f(ui s'éa:are ; mais les fureui's du hasard?...
1230. Un roi de comédie, c'est celui qui n'est qu'un u fantôme » de roi, connue Carlos vient de le dire, et ([ui en joue le personnage sans en avoir l'autorité.
123'*. L'idée et l'expression, ici encor(!, matKiuenl de clarté.
124'i. Var.: Acette avidité. (1650-50.)
1245. Pour cette lois, don Manrique a raison : la réponse de Carlos est admirable d'ironie vaillante et de fierté; mais toujours et partout il parle en maître plus qu'en sujet.
1246. Trancher </e, jouer le rôle, prendre les airs de... ; locution familière à Corneille.
Tranchant du eénérpux, il croit m'i''pouvantcr.
(;>o/î/^i/c«e, 1V57.) Qui tranche trop du roi ne règne pa? long- ["tenips.
[Nicomè'le, 7 V9, )
C'est le seul exemple que les Lexiques