LES MIRACLES DE SAINT ANTOINE
PLANCHES VIII à XI
vec les statues de Saint François et de Saint Louis, on commanda également à Donatello (23 juin 1446) quatre plaques en basrelief, qui devaient représenter la vie miraculeuse du patron de l’église. On lui accorda, pour chacune de ces plaques, 85 ducats d’honoraires. A en juger par les nombreux payements partiels que l’administration de l’église a effectués, en 1447, au nom de Donatello et de plusieurs de ses élèves, les quatre bas-reliefs étaient déjà terminés dans le courant de cette année. Le chapitre de l’église a chargé, à deux reprises différentes, les artistes les plus illustres de traiter le même sujet; les sculpteurs vénitiens, depuis les jeunes Lombardi jusqu’à Jacopo Sansovino, ont été occupés à décorer les murs de la riche chapelle de Saint-Antoine de grands bas-reliefs en marbre, destinés à rappeler ses Miracles. Presque à la même époque, le Titien reçut, avec quelques-uns de ses contemporains de Padoue et de Venise, la mission d’orner les murs de la Scuola du Santo de fresques représentant le même sujet. Dans ces peintures, le Titien a déployé son admirable talent de coloriste , et quant aux bas-reliefs en marbre des sculpteurs vénitiens, ils sont du moins d’une netteté irréprochable. Mais Donatello, dont les bas-reliefs de bronze ont le mérite d’avoir été conçus en premier lieu, est le seul qui ait su imprimer un caractère réellement dramatique à un sujet aussi ingrat que la représentation d’une; série de miracles. Ses compositions, remplies de figures, sont si heureusement développées, l’action y est si vive, et le groupement des divers personnages si varié, l’artiste a si bien tiré parti de tous les détails originaux d’architecture et du moindre motif de décoration, que cette œuvre est assurément ce que nous ont laissé de plus parfait Donatello et l’école florentine en général.
Voici les Miracles représentés dans ces bas-reliefs : dans le premier, saint Antoine donne la parole à un nouveau-né, pour qu’il témoigne de l’innocence de sa mère, soupçonnée par un mari jaloux. Dans le second, saint Antoine cherche à convaincre les infidèles de Rimini de la puissance merveilleuse de l’hostie, en faisant venir à l’autel un âne affamé, qui s’agenouille sans toucher au pain bénit. Ces deux compositions garnissent le devant de l’autel de la chapelle du Saint-Sacrement, fondation due à la libéralité de la veuve de Gattamelata. Les deux autres bas-reliefs se trouvent sur le devant du maître-autel, dans le
grand chœur. Dans l’un.
saint Antoine démontre de la manière suivante la vérité de ce
proverbe de l’Évangile : « Où sont vos trésors, là aussi sera votre cœur. » Il ouvre la poitrine d’un avare mort et montre qu’elle est vide, tandis que, sur son ordre, s’ouvre une caisse pleine d’or, où apparaît le cœur du défunt. Le quatrième et dernier bas-relief représente le moment où saint Antoine opère la guérison d’un jeune homme qui s’est brisé la jambe dans un accès de colère, en donnant un coup de pied à sa propre mère.