LA CHAPELLE. M
après avoir fait pour s'enfuir un cflbrt supci lhi . retomba sur son siège sans force et sans connaissance.
Cependant deux hommes seuls conservaient quelque sang-froid au milieu du saisissement général : c'étaient le frère Jérôme et le prieur. Le premier se demandait avec anxiété ce qu'il pouvait faire pour tirer sa fiancée de ce pas dangereux sans se compromettre avec elle et saûs ruiner leurs communes espérances ; et le second seprépurail à faire enlever du lieu saint l'objet coupable d'un scandale inoui dans les fastes de la communauté. Voyant le frère Jérôme seul en état de recevoir et d'exécuter ses instructions, il s'adressa à lui , et lui fit signe de se sacrifier à l'intérêt de tous, en entraînant la jeune femme hors de la chapelle pour la mettre à la porte du couvent. On conçoit l'empressement avec lequel le jeune religieux accepta cette missiou....
Prendre le faux pèlerin sur son siège , le descendre de l'estrade , l'emporter à travers la chapelle et les corridors jusqu'à la dernière corn* du monastère, fut pour le trappiste l'affaire d'un instant. Tous les frères étant à la messe , rien ne s'opposa à son
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projet, et il franchit le seuil avec son précieux fardeau sans avoir rencontré personne. Arrivé dehors, il posa Marguerite sur le sable, oè soins, aidés de l'action de l'air, la firent revenir à elle. La joie de se voir seule et libre avec son fiancé , rendit aussitôt à la jeune femme ses f< >'
et son énergie.
Tous deux s'élancèrent dons un bateau de [ <vcheur, attaché au rivage, et gagnèrent à la MMs la côte du Morbihan qui fait face à Merkel. Là, ils attendirent la nuit pour débarquer, secouvriniu d'habits que Marguerite trouva chez des paysans, jrhVent à la mer leurs robes de moine et de pAèrin, et prirent en toute sécurité la route de \a*
Ne voyant pas reparaître le frère Jérôme I Merkel, les trappistes, à qui il n'avait jamais ni son histoire , ni son nom , ne pouvant soupçonner sa complicité avec la femme dont la présence avait souillé leur couvent, décidèrent en plein conseil que cette femme était Satan en personne qui avait pris cette forme pour s'introduire chez eux, et qui, h défaut de les damner tous , s'était dédommagé en enlevant le frère Jérôme. La robe de ce dernier, que la mer jeta le jour suivant sur