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CHAPITRE V

IJambontt

De Mesquer, je me rendis à l'embouchure de la Loire, sans rien rencontrer sur ma route qui fixât mon attention ; et j'arrivai , moitié par terre, moitié par eau , à la petite ville de Painbœuf , dont le premier aspect m'arrêta , et à qui il faut rendre cette

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justice qu'elle mérite d'être connue autant qu'elle Test peu.

Feuilletez, en effet , toutes les géographies, tous les voyages, toutes les statistiques, tous les itinéraires, tous lesalmanachs, etc., où il peut êCN fait mention de Painbœuf ; vous n'y trouverez que ces trois lignes : Painbœuf est une petite ville maritime, d'environ 7,000 âmes, située à dix lieues de Nantes, près de V embouchure de la Loire, ayant une sous-préfecture et un tribunal de première ///>tance. Voilà tout!

Barbares et ingrats qui avez tracé ces lignes dédaigneuses , et qui ne connaissiez , sans doute , Painbœuf que pour y avoir dîné, entre l'armée et le départ d'un bateau à vapeur, vous auriez bien pu au moins dire un mot des petits pâtés feuill« trs du Suisse Jacomety , célèbres à vingt lieues à la ronde! C'est pourtant ainsi qu'on écrit l'histoire !

Pauvre Painbœuf ! Mais console-toi , chère petite ville; si jusqu'ici les voyageurs ont omis devenir le voir ou dédaigné de i • trder en passant , le jour de la justice est venu! Puisqu'un seul peut te venger enfln de l'indigne oubli où tous les autres t'ont laissée, tu seras célébrée à ton tour, et tu seras

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connue , en dépit des almanachs , des statistiques et des itinéraires! On saura, qu'indépendamment de ta sous-préfecture et de ton tribunal , tu as une rade qui fait honte à celle de Nantes , avec sa vaste nappe d'eau, et ses cent navires à l'ancre ; un quai plein de bruit et de mouvement, qui étale tous les costumes et qui parle toutes les langues de l'Europe, ni plus ni moins qu'une Babel en miniature ; un môle de granit , aux hardis escaliers, sur lequel tu t'appuies , au bord de ton grand fleuve , comme sur un coude enfoncé nonchalamment dans les eaux bouillonnantes; une terrasse couverte déjeunes arbres qui ne demandent qu'à croître, pour porter à la postérité les noms de MM. Gautreauet Bessard , tes vénérables maires , et pour voir tes jeunes femmes et tes jolies filles se promener le dimanche sous de frais ombrages ; une église enfin, qui, bien qu'elle s'annonce au loin par un clocher assez barbare , n'en garde pas moins , dans le fond de sa nef, un autel dont l'histoire est aussi sublime que la matière et la forme en sont admirables, comme je le dirai plus loin. On saura , en un mot, qu'autant ton origine est obscure et modeste, autant ton avenir sera riche et magnifique, s'il plaît à la Loire et au gouvernement.

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Si cependant quelqu'un de mes lecteurs allait jamais à PaiulxEuf sur la foi de mes «logos, je lui recommanderais de se garder d'y entrer pair l< s champs, du coté du midi; ce serait prend re eu traître l'innocente ville; il faut toujours y armer par la Loire ou par la mer. C'est vers cette double source de sa prospérité que Painhœuf s'est tourne de tout temps, en ville bien appris*. Sea [«lus joues maisons bordent le fleuve de leurs blanches murailles, coupées de vertes persiennes, qui semblent rire a l'œil; quelques unes même y baignent leurs pieds; toutes paraissent se disputer à qui sera le plus près du flot, et celles qui en ont été se| tarées par d'autres le regardent encore par dessus le toit de ces dernières. Il n'y a que les vieilles et 1 s laides qui se tiennent tournées vers la rampagne, ou accroupies dans les rues intérieures.

Rien n'est frais et ravissant comme l'aspect de Painbœuf , du côté de la Loire , au point du jour. Aux premières lueurs de l'aube, la ville, enveloppée d'un épais manteau de vapeurs, semble d'abord un immense navire à l'ancre. Bientôt la longue bande enflammée qui précède le soleil aux bords de l'horizon , inonde d'une lumière rose et humide les maisons qui regardent l'Orient et les

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petites îles verdoyantes qui paraissent de loin flotter sur la rivière. Peu à peu , l'aurore monte dans le ciel , étendant un dais de pourpre et d'or sur un côté de la ville , qui paraît tout en feu. Enfin , le jour triomphe du brouillard et de l'ombre, et le port s'éclaire tout à coup d'un bout à l'autre, comme un panorama au milieu duquel plonge un rayon de soleil. Je n'ai encore vu ni la mer de Naples, ni les lagunes de Venise; mais il m'est permis de douter qu'elles offrent un plus beau spectacle que celui-là.

Figurez-vous, d'une part, la Loire, fuyant dans l'est, avec ses îles vertes et ses ondes blanches, et se perdant au milieu des splendeurs du levant, comme un fleuve argenté dans un océan d'or ; de l'autre part , la mer , encore sombre et assoupie dans la brume , berçant sourdement cinquante gros navires , silencieux et endormis comme ellemême. Là, le jour ; ici , la nuit ; là, les premières lueurs de l'aurore ; ici , les dernières ombres du crépuscule. Cette lutte n'est pas longue. Lq lumière accourt avec la brise sur la surface doucement agitée de la Loire. Les vapeurs de l'eau s'élèvent en fumée blanche sur les deux rives , pour y retomber en rosée vermeille. Tout se dessine et s'é-

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claire. Painbœuf s'éveille ! Aussitôt un ment de vie semble animer à la fois le port el la cité. Les navires s'agitent sur la vague enflée par la marée montante. Un vent frais joue dans leurs cordages, et fait claquer leXirs pavillons. Leurs cloches sonnent la fin du quart de nuit. Les matelots paraissent sur le pont . dans les mats, dans les hunes, sur les vergues. Ils chantent des airs joyeux ou fument paisiblement leurs cigares. Les maisons répondent aux navires. Les petites persienn» \ i '< s'ouvrent, l'une après l'autre. Le pilote regarde à l'orient si la journée sera belle. Le pêcheur >uspend ses filets aux murs. La ménagère matineuse et l'active lavandière sortent j leurs paniers au bras, ou leurs ballots sur la tète; et, des fenêtres de la mansarde, la jeune ouvrière demande à la Loire si elle ne lui ramènera pas le beau matelot qu'elle lui ravit fan passé.

Ajoutez à ce tableau quelque magnifique troismàts , arrivant de la mer, toutes voiles dehors . saluant de trois coups de canon le port hospitalier ; et dites-moi si cela ne vaut pas la peine d'être vu.

Ce spectacle se renouvelle le soir, au coucher du soleil ; seulement, ses différentes phases se succè-

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dent alors en sens inverse, et sont empreintes de moins de fraîcheur et de plus de majesté.

Pendant le jour , Painbœuf n'a de vie que sur son port ; mais il serait difficile de rien imaginer de plus vif et de plus animé. Cette petite ville , dont on a si vite fait le tour et compté les maisons , semble, en ce moment , doubler sa population par une sorte de magie. Pour se figurer tant de mouvement dans un si étroit espace , il faut avoir observé les travaux d'une fourmilière. C'est sur un quai qui n'a pas plus de trois portées de fusil de long , et qui a moins de cent pieds de large, que s'assemblent et se meuvent les matériaux et les hommes nécessaires à la construction , au radoubernent , au gréement , au chargement et à la manœuvre de plus de cent navires ou barques de toutes dimensions , depuis le trois-màts portant huit cents tonneaux, jusqu'au bateau qui contient le pêcheur et ses filets.

Ici , vous voyez une carcasse qui s'achève, et qui dresse dans le chantier sa dernière jambetté et son étrave couronnée de fleurs. Là, c'est une coque de bâtiment, complète et près d'être lancée au fleuve, vers lequel elle semble s'élancer déjà sur ses nom-

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breux étais, comme une immense bète à mille pattes. Plus loin, un vaisseau refait sa carène et se couche sur le flanc pour prêter son bordage à la flamme, qui le sillonne en pétillant et le prépare à recevoir sa cuirasse d'airain. Ailleurs, une mature s'élèvejdans l'air, aux (liants eadeiursdes ^reeurs.

Pendant que ces scènes se passent dans les Quatre-Amarres , d'autres scènes aniiiK ni la rade* Les navires s'y croisent à la voile, et les canots à la rame. Celui-ci part, celui-là arrive. L'un bèlËÊ à son bord des mulets indomptés , qu'on voit de loin lancer des ruades dans le vide, et lutter contre lasangle des palans qui 1< s allait m dm IVihk pont. L'autre lève ses ancres, étend ses voiles, et déploie ses pavillons. Tous s'animent et s'agitent de diverses manières, et ceux même qui semblent dormir sur leurs câbles, sont multipliés et mis en action par le miroir mobile du fleuve qui les reflète.

J'ai montré en détail et avec complaisance ce triple aspect de Painbœuf aux différentes heures du jour, parce que c'est là surtout la poésie et la richesse de la petite ville ; non pas qu'on la connaisse suffisamment après l'avoir examinée sous ces trois

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points de vue; non certes! Si sa rade et son port sont ses plus éclatantes beautés, elle cache dans les murs de ses humbles maisons des trésors d'autant plus précieux qu'ils sont gardés avec plus de soin. Que ne puis-je montrer ces trésors, en faisant disparaître les toits avec la baguette d'Asmodée ! Combien de blanches et douces jeunes filles vous apparaîtraient , travaillant auprès de leurs mères , écoutant les propos galans des beaux aspirans de marine , ou prononçant entre elles , à voix basse , les noms mystérieux des jeunes capitaines et officiers du port , comme Lavallière et ses compagnes se désignant leurs préférés parmi la cour du grand roi ! Combien vous verriez de vénérables grand' mères, qui n'ont quitté du dernier siècle que les paniers et les mouches, qui parlent encore le bon patois national d'il y a cent ans , et dont on chercherait vainement le type épuisé dans les grandes villes !

Mais aussi , car il faut dire le bien et le mal , que de cancans dans les salons et dans les boutiques , aux fenêtres et aux portes , dans les rues et sur les places! Et, en descendant plus bas, que de chants bachiques et d'affreux jurons dans les cabarets! que de verres cassés, de filles poursuivies, de baisers parfumés de goudron , de buveurs ron-

fiant sous les tahles! La Bretagne efll le payi dq monde où le peuple s'enivre le plus volontiers , et le peuple de Painbœuf e>t relui de Bretagne qui sait le mieux boire

« Si Dieu n'existait pas, il faudrait lin venter »* a dit V< «Itaire, dans une de ses boutades religieuses. La moindre cité en dit autant de son origine : cl lacune veut avoir sa fondation merveilleuse, et. quand elle ne la connaît pas, elle l'invente. Ainsi a fait Painbœuf. Après avoir vainement rlien l,e dans ses archives, qui ne remontent pasà plus de trois ou quatre nèdes, une tradition qui donnât. à ses commencemens un caractère original , la petite ville s'est mise en frais d'imagination. Avec 1 « t j mologie de son nom, assaisonnée d'un peu Se fantastique, elle s'est arrangée une chronique originelle assez piquante , dans laquelle, faute d'un Romulus ou d'unPierre-le-Grand , elle attribue sa création au diable (1). C'est un choix comme un autre. Voici l'histoire :

(1) Je m'aperçois que voici trois aventures où je fais intervenir Satan , et je crains que mes lecteurs ne me reprochent d'ajouter de nouveaux chapitres aux Mémoires du Diable, par M. Frédéric Soulié. Tout ce que je puis répondre , c'est que je ne suis que l'in-

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Satan, se trouvant trop à l'étroit dans son empire infernal , avait obtenu de Dieu la permission de se créer un petit royaume in parlibus sur quelque point du globe, à condition que les sujets dont ce royaume serait composé, tomberaient en son pouvoir par le péché de gourmandise.

Muni de cette autorisation souveraine , le malin esprit avait parcouru l'univers entier, étalant aux yeux des gastronomes toutes les délices que pouvait inventer son imagination diabolique , et tâchant d'exploiter à son profit toutes les disettes et toutes les famines qui ravageaient le monde. l\Iais; après deux ans de recherches , ses efforts n'avaient abouti qu'à séduire quelques misérables , perdus d'avance par toutes sortes d'iniquités. C'est que Dieu le faisait invisiblement accompagner d'un de ses anges les plus puissans , l'ange de la tempérance, lequel venait au secours de tous les malheureux tentés par leur ventre , en les avertissant intérieurement de chaque piège qui leur était tendu.

lerprète des traditions de Merkel , de Sorloges , et de Painbccuf, et que ce n'est pas ma faute si le Démon jouait un si grand rôle dans les choses humaines , au temps du moyen-âge.

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De cette façon, presque tous avaient été préservés, et Satan commençait à désespérer de luimême, lorsqu'il s'établit sur les bords de la Loire. à l'endroit ( désert alors) où s'élève maintenant Painbœuf. Son intention était de méditer, dans cette retraite, de nouvelles combinaisons pour la composition future de son royaume, plutôt que de rien mettre à exécution pour le présent. Mais la fortune nous vient en dormant, comme on dit. Le diable éprouva la vérité du proverbe.

11 s'était déguisé en ermite, et avait bâti sa cabane à la place où est aujourd'hui la Motte-aux-Sables. Un jour qu'il promenait, loin de cette demeure, ses projets et ses méditations, une i Droyable tempêté bouleversa les élémens. L'Océan et la Loire , soulevés à la fois , luttaient avec une rage dont on n'avait pas encore vu d'exemple. Surprise par l'ouragan sur les côtes de Mindin , une barque , contenant un pêcheur, sa femme et deux enfans, dériva, au gré du vent et du flot , jusqu'aux parages habités par le faux ermite , et vint échouer précisément en face de sa cabane.

La première pensée des naufragés fut de se réfugier dans l'asile qui s'offrait à eux. Ils vont frap-

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per à la porte : personne ne répond , mais la porte s'ouvre d'elle-même , à leur grande surprise , et au même instant ; une voix fait entendre ces mots terribles :

— Si vous entrez ici , vous êtes damnés !

Cet avertissement miraculeux effraie les deux enfans ; la jeune femme fait le signe de la croix ; mais l'homme soutient que ce n'est qu'un rêve , et en définitive tous quatre pénètrent dans la cabane. Ils y trouvent pour ameublement un lit de planches, un bahut, une table et quelques escabeaux. Un feu de chaume , dont l'activité contraste avec la solitude de l'habitation, remplit l'âtre d'une flamme rouge et pétillante , qui a bientôt séché les habits des pêcheurs. Cependant personne ne paraît à leurs yeux , et ils commencent à se demander si cet étrange refuge leur a été ouvert par Dieu ou par le diable, lorsque Termite entre dans a cabane. La vue du saint homme les rassure tout d'abord , bien qu'ils trouvent dans sa physionomie quelque chose d'ironique et de singulier dont ils ne peuvent s'expliquer le mystère.

Un quart d'heure se passe en échange de politesses , et l'ermite , de plus en plus obligeant , finit il. 16

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par proposer à ses pauvres Ilotes Je partager son diner. On ne pouvait l'aire une oilre plus opi>orlune et plus agréable à des gens qui n'avaient rien pris depuis douze heures. Seulement ils craigftettt de n'y trouver qu'un mouvement de compassion ou de politesse, et ils se demandant intérieurement, en promenant leurs regards autour d'eux , (jad repas l'habitant d'une si misérable demeure peut avoir à leur offrir. Qu'on juge donc deleursurprise, lorsqu'ils voient l'ermite ouvrir un l>nhut < t en retirer un pain blanc comme neige, avec une tranche de bœuf grillé, succulente et fumante. comme si elle sortait du feu.

— Dieu nourrit ses serviteurs dans le désert , dit Satan d'un ton hypocrite, eu remarquant que la méfiance et la convoitise luttent dans l'esprit de ses hôtes.

Il n'a pas achevé la phrase , que la famille rassurée se presse autour du plat appétissant ; mais voilà qu'au moment où ils y portent la main , la 5nême voix qu'ils avaient déjà entendue retentit à leurs oreilles :

— Vendredi, chair ne mangeras, dit cette voix;

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donc , si vous touchez a ce mets, vous donnez votre ame au démon.

Ce jour la était, en effet, un vendredi. Les pécheurs ne le savaient que trop ; mais chacun d'eux feignait de l'oublier. La voix mystérieuse qui le leur rappelait les fait tressaillir de surprise et de terreur. Cependant, ces deux sentimens cèden peu à peu aux fallacieuses et rassurantes instances de Termite; et, s'en rapportant à F autorité du saint homme, soutenue de celle de leur propre appétit , les naufragés finissent par attaquer le friand morceau de bœuf. Mais a peine ont-ils la première bouchée dans l'estomac, qu'un éclat de rire, mordant et railleur, vient leur glacer le sang dans les veines. Ils regardent leur hôte, et poussent un crj d'effroi...

L'ermite avait cédé la place à Satan , et le roi des enfers était là , debout sur ses pieds fourchus , avec ses cornes flamboyantes , son habit rouge, et sa plume noire inclinée sur la tête (1).

— Mes amis , dit-il aux pêcheurs demi-morts ,

(1) C'est ainsi que Satan est représenté dans beaucoup de traditions bretonnes.

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en aiguisant encore son riiv inirrnal , vous a\v/ commencé votre repas avec votre hôte, vous pouvez l'achever avec votre maître.

Et il se mit à table au milieu d'eux, les engageant à manger, et les servant de ses mains crochues. Vous jugez si les malheureux dinrrenl aw< appétit.

A partir de ce jour, les pécheurs lurent, aiiiM que leur postérité, les sujets de Satan sur cette terre. Des compagnons, pris comme eux, leur Wr rivèrent de temps à autre; et, en peu d'années, la colonie fut assez nombreuse pour tonner la < it«: qui, par une étymologie plus ou moins tirée aux cheveux, comme toutes les et ymologies , reçut le nom substantiel de Pain-bœuf.

La domination du diable à Painboeuf dura deux cents ans , au bout desquels un saint moine de Buzay le renvoya dans les enfers , en exorcisant les pauvres descendans des pêcheurs. Seulement, la petite ville s'est toujours ressentie de son origine, et son péché favori est encore, dit-on , la gourmandise.

Quelle que soit l'opinion de mes lecteurs sur

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cette histoire ou ce conte, je me hâte d'en venir aux détails que je leur ai promis sur le maîtreautel de Painbœuf ; et il s'agit cette fois de faits sérieux et authentiques, arrivés à ma connaissance d'une façon non moins intéressante que les faits eux-mêmes, — ainsi qu'on va le voir au chapitre suivant.

L'SOMMS DE DIEU.

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