CHAPITRÉ TU
ffftvittllft ftu}ay.
C'était au mois de mars, 1793, c'est-à-dire en pleine Terreur. Les Bretons et les Vendéens venaient de se lever comme un seul homme, au cri de : «Dieu et le roi! » et les bleus, ralliés à Nantes, avaient été déchaînés simultanément sur Clisson et sur Painbœuf .
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A l'extrémité de cette dernière ville, au pied de la hauteur que j'ai déjà désignée sous le nom de la Motte-aux-Sables , un homme se promenait au bord de la Loire. Il était seul , loin de toute habitation , et ses vètemens étaient ceux des pêcheurs du pays : le large pantalon de toile , la v< m* de drap de bleu , la cravate rouge , et le bonnet de laine blanche, à raies brunes. La démarche et la figure distinguées de cet homme contrastaient avec ses habits grossiers, moins encore <jn* un livre, qu'il tenait ouvert et appuyé sur sa poitrine , et dans lequel il lisait avec recueillement.
Ce livre était un bréviaire, et cet homme était M. l'abbé de P..., curé de Painbœuf.
Rejeton d'une des plus nobles et des plus riches familles de la Vendée , M. de P... avait été entraîné vers l'état ecclésiastique par une de ces vocations irrésistibles , dans lesquelles on reconnaît le doigt de Dieu, et qui annoncent ordinairement des apôtres ou des saints, A l'âge de vingt-cinq ans , il avait consacré au Seigneur, et dé[>osé en quelque sorte au pied des autels, tous les dons que lui avaient prodigués une haute naissance, une grande fortune et une éducation supérieure. Immédiate-
nient après avoir reçu les ordres, il avait clé nomme' , par l' évoque de Nantes, vicaire de la paroisse de Painbœuf, dont il était devenu curé, quelques mois avant l'explosion de 93c
Lorsque l'heure des persécutions fut venue, son double titre de gentilhomme et de prêtre le fit proscrire un des premiers. Il osa braver l'anathème révolutionnaire ; et , se sentant la force d'attendre le martyre , il demeura caché à Painbœuf, sous le coup de la sentence qui l'en avait chassé, et continua d'exercer en secret son saint ministère, à la faveur de l'humble déguisement sous lequel il vient de nous apparaître. Logé chez une famille de pêcheurs , dont il paraissait faire partie, et dont , en effet, il partageait souvent les travaux, il allait, tous les dimanches, et quelquefois dans la semaine , célébrer le sacrifice de la messe dans un atelier de corderie abandonné , où les fidèles de Painbœuf s'assemblaient clandestinement, comme les premiers chrétiens dans les catacombes.
Quand l'homme de Dieu eut achevé de lire son bréviaire, il cessa sa promenade, et, s' appuyant au bord d'un canot échoué sur le sable , il fixa ses regards rêveurs sur les flots , du côté de Nantes.
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Il savait que , depuis deux jours, un peloton de l'armée révolutionnaire, casernée dans cette ville, s'était répandu sur la rive -am lie de la Loire, en y semant la terreur et la dévastation. C'était là l'objet de sa préoccupation et de son inquiétude ; et il attendait avec impatience dos messagers qui devaient lui apporter des nouvelles du pa\s de Nantes.
Bientôt une barque à la voile parut au large . < ! se dirigea vers la Mot te-aux-Sables. Des quelle eut accosté la rive, et débarqué les deu\ pécheurs qui la montaient, l'abbé courut au devant de ceux-ci.
— Eh bien ! mes amis, leur dit-il , qu avez-vous appris , dans votre voyage ?
— Ah ! monsieur! s'écrièrent les deux hommes, en levant les mains vers le Ciel, nous n'avons pas seulement appris, nous avons vu de nos propres yeux....
— Eh! quoi donc, mes enfans?
— L'abomination de la désolation dans le saint lieu , monsieur le curé !
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a-i Quelque église profanée?... Je croyais qu'il n'en restait plus, à Nantes; qu'on les avait toutes changées en casernes et en écuries.
— Hélas ! il n'est que trop vrai ; mais ce n'est pas à Nantes que nous avons rencontré les bleus.
Alors, les deux pécheurs racontèrent qu'ils s'étaient arrêtés, quelques heures, au village de Buzay, situé sur la rive gauche de la Loire , à michemin de Nantes et de Painbœuf. A peu de distance de ce village, s'élevait le monastère qui en portait le nom, et d'où les religieux avaient été chassés depuis quelques mois.
La république , contente de ce facile triomphe sur les habitans, avait jusqu'alors respecté l'habitation même , après en avoir toutefois pillé l'intérieur, suivant l'usage; mais enfin, les murs n'avaient pas été attaqués, et le monastère, la chapelle et la tour, étaient encore debout. Cet édifice désert était devenu l'asile des fidèles et des pauvres du pays , et les deux pêcheurs de Painbœuf avaient interrompu leur navigation pour y passer une nuit d'orage. Quelle fut leur surprise , en trouvant la demeure qu'ils croyaient abandon-
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née, remplie par un détachement «le l'armée révolutionnaire, qui venait d'y mettre le feu! Malgré leur terreur, la curiosité des braves gens U ■ retint sur le lieu de cette horrible scène. Le corps du monastère fut d'abord incendié, la tour suivit, puis enfin la chapelle. Pendant toute la nuit , la ilamme , qui s'élevait de ces trois points , jeta reflets sanglans sur les Ilots de la Loire, et sema l'épouvante sur fod< u\ rives. Mais la destruction n'était pas encore assez complète au -i » des vandales. Profitant (1rs premières lueurs du jour pour admirer leur ouvrage, l'aspect des charpentes écroulées , des escaliers en cendres , des murailles noircies de fumée, ne les réjouit pas sullisanmient. Ils s'armèrent de pioches et de marteaux , et s attaquèrent aux pierres. Tout ce qui pouvait Are démoli le fut en quelques heures. Dans la chapelle surtout, que les flammes semblaient avoir épargnée, les bleus se livrèrent aux ravages les plus minutieux et les plus puérils.
A cet endroit du récit des pécheurs , le curé de Painbœuf tressaillit , comme frappé d'un souvenir, et s'écria avec vivacité :
— Et l'autel? l'autel? Qu'en ont-ils fait?
Les pécheurs répondirent, qu'après l'avoir longtemps ébranlé , avec des leviers de fer, les républicains l'avaient enfin vu s'ouvrir en huit énormes pièces , qui avaient pesamment roulé sur les dalles du cœur.
— Et qu'ont-ils fait alors ? s'écria de nouveau l'abbé, avec une impatience croissante.
— Ils ont poussé de grands cris de joie, et ils se sont retirés,..
— Sans briser séparément les différentes parties de l'autel?
— Ils ont essayé de le faire ; mais ils ont dû bientôt y renoncer , voyant que le marbre était à l'épreuve de leurs leviers et de leurs crosses de fusil. Toutefois la plupart, en s'en allant, se promettaient de revenir prochainement achever leur ouvrage, armés en conséquence.
— Dieu soit loué ! s'écria le digne prêtre , en respirant, et en levant ses mains jointes vers le ciel; le sacrilège n'a pas été aussi loin qu'il aurait pu aller, et tout n'est pas perdu !
— Mes amis, dit-il aux pêcheurs, réunissez ce
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soir tous les fidèles de IVmbœuf, à notre reKtdez-
vous ordinaire, et assurez-vous d'une fort»' i -lia— loupe pour retouraer cette nuit à Buzay.
En hommes de foi, les pêcheurs promirent d'exécuter ce double commandement, sans en demander l'explication , et l'abbé de P... les quitta , pour réfléchir ii son projet, pendant qu'ils allaient
en préparer l'exécution.
Or, voici quel était ce projet. Ayant connu les moines de Buzay, avant leur <lisi>ersion, le ctnv de Painbœuf avait reçu d'eux la confidence cl un secret important sur la construction du maîtn autel de leur chapelle. Cet autel, tout en marine de Grèce et d'Italie, avait été construit, en 1540, par un sculpteur florentin, d'après un procédé <l< son invention, procédé extraordinaire qui était demeuré , depuis trois siècles , un mystère inexplicable pour les plus grands artistes venus en pél< rinage au monastère de Buzay. Tout ce qu'on savait, c'est que l'ensemble du monument se composait de huit pièces principales qu'on pouvait monter et démonter, et que, dans la pièce du centre , était pratiqué un tabernacle invisible formé par une tête d'ange que faisait tourner un ressort poussé d'une
certaine façon. Au moment de s'enfuir de Buzay, les moines avaient enfermé des hosties consacrées dans ce tabernacle , d'abord pour les mettre hors des atteintes de leurs persécuteurs , et puis dans l'espoir que la présence secrète de Dieu , au milieu de son sanctuaire , en écarterait le pillage et la destruction. Si cet espoir avait été trompé , la fureur des bleus l'avait été aussi ; car , leurs efforts n'étant parvenu qu'à démonter l'autel, les hosties saintes devaient être demeurées intactes dans leur mystérieuse cachette, et l'ouvrage même du sculpteur florentin n'avait probablement souffert aucun dommage irréparable. Mais les bleus avaient promis de revenir à la charge, et alors, hosties et autel, tout serait en même temps détruit et violé l C'est ce double malheur que le curé de Painbœuf voulait prévenir, en sauvant à la fois le trésor eucharistique et le chef-d'œuvre de l'art.
Le soir, les fidèles , prévenus par les deux pêcheurs , furent exacts au rendez-vous dans la corderie déserte. L'abbé leur raconta ce qui s'était passé a Buzay, leur apprit qu'il était temps encore d'arrêter le sacrilège, en se rendant sur les lieux avec une embarcation , et en enlevant les pièces
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dispersées de l'autel, pour les transporter et les cacher à Painbœuf.
Comme il achevait son discours, un des preneurs vint annoncer que la chaloupe était prête.
— Mes frères, s'écria l'homme de Dieu, leCiel nous favorise. Qui veiu m'accompajzner dans cette sainte expédition ?
Tous les piifpfitmn se levèrent ensemble : dix hommes suffisaient ; ils furent choisis au sort: « ■( ces nouveaux eroisés, après avoir imploré à deux genoux l'assistance du Ciel, s'embarquèrent - à la nuit tombante, sous la garde de Dieu et la < induite de leur pashur.
Il était dix heures et demie lorsqu'ils arrivèrent à Ventrée de rélier (1), qui conduisait au pied du monastère. Là , la voile fut amenée ; chacun (l'abbé comme les autres) s'arma d'une rame; et l'embarcation fut poussée jusqu'au fond d'une anse étroite, à peu de distance des ruines du couvent. La nuit était favorable ; les murs enfumés se détachaient en noir sur un ciel faiblement éclairé
(1) Bras de rivière.
de quelques étoiles. En sortant de la chaloupe , le prêtre et les mariniers s'agenouillèrent sur l'herbe de la rive , et adressant à voix basse une dernière prière à Dieu ; puis ils s'avancèrent silencieusement vers la chapelle. Le calme profond qui régnait à l'entour leur faisait présumer qu'ils enlèveraient l'autel sans obstacle; malheureusement ils se trompaient.
Soit méfiance , soit habitude militaire, les bleus, dont un petit nombre occupait encore le village voisin, avaient placé un soldat en faction à l'entrée de la chapelle ; de sorte que l'abbé avait à peine mis le pied sur le seuil de la porte, à la tête de sa petite troupe , qu'il reculade surprise en entendant crier : Qui vive ?
Personne ne répondit ; et, en effet , il n'était pas facile de répondre...
— Qui vive? répéta la sentinelle, en mettant en garde la baïonnette de son fusil.
— Des amis , si vous êtes un honnête homme ; répartit enfin le curé.
En même temps, il voulut franchir le seuil et s'approcher du soldat.
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— On ne passe pas! reprit vivement cetai-cf.
Il tourna son arme vers l'abbé; et, au même instant, ayant remarqué que les hommes qui suivaient cherchaient un détour pour le surprendre :
— Arrière! cria-t-il avec menace: arrière! vous dis-je , ou vous êtes morts.
Tout le monde recula, excepté le prêtre, qui reçut au bras droit la baïonnette de la sentinelle.
— Grand Dieu ! s'écrièrent les pécheurs ensemble, Monsieur le curé est blessé!
Ces mots frappèrent fortement le soldat , gui laissa tomber son fusil. Le malheureux était un tout jeune homme , récemment engagé dans Farinée républicaine, par pure exaltation, et qui n'avait pas encore versé le sang. Son premier coup venait de faire couler celui d'un homme sans armes, d'un prêtre ! et il ne pouvait se défendre, a cette pensée, d'un sentiment de honte et de regret, mêlé de quelque remords.
Cependant, les mariniers, ne voyant plus que la blessure de leur pasteur, s'étaient précipités sur
le garde; et l'un d'eux, qui avait relevé le fusil, s'apprêtait l\ s'en servir conlre ce dernier, lorsqu'un bras l'arrêta fortement. C'était le bras blessé du piètre...
— Mon frère, dit-il simplement , que Dieu pardonne à cet homme comme je lui pardonne ! Gardez- vous de le toucher; ma blessure n'est rien.
En entendant ces paroles, la sentinelle, qui s'était crue perdue , regarda l'abbé avec un étonnement mêlé d'admiration. La vue de ce ministre du Dieu de paix , lui rendant le bien pour le mal, lui pardonnant naïvement au nom du Ciel, le bénissant de la main qu'il venait d'ensanglanter, éveilla dans son cœur plus d'un sentiment qu'il y croyait éteint ; et , pendant qu'un reste d'orgueil républicain le maintenait encore debout à son poste, une puissance surnaturelle le poussait à tomber à genoux devant celui qu'il venait de frapper.
L'abbé comprit ce qui se passait dans cette jeune ame.
; — Mon ami , dit-il avec onction , en prenant la h. 18
en LACTIL 1>F RIZAV
main du soldat, qu'il sentit trembler dans la sienne. vous êtes trop bon pour servir les projets des médians, et votre eœur vous trahit. Le Ciel vous offre l'occasion d'expier un grand crime et d'en prévenir un plus grand. Il ne vous en couina qu'un secret honorable h garder. Il y a dans cette chapelle un trésor qui n'appartient ni à vous ni à ceux qui vous ont envoyé. Ce trésor . ce sont les pierres de l'autel. Je viens les recueillir au nom de Dieu avec Les fidèles qui m'accompagneot Laissez-moi remplir mon devoir.
Pour tmitr réponse, le soldat vaincu baissa la tète, et le prêtre et les mariniers eniiferenl dans b
chapelle.
Au bout de quatre heures de travail et d' efforts, les huit pièces de l'autel furent dans la chaloupe. L'abbé reprit le chemin de Whibogttfj avec ectt» cargaison sacrée, et acheva heureusement son voyage.
Avant le jour, les hosties consacrées furenLretirées du tabernacle invisible, et les huit parties de l'autel , ensevelies avec soin dans le sable, au bord de la Loire, y demeurèrent jusqu'à la fia de la
révolution, sous la garde fidèle de l'abbé de P....
A cette époque seulement, le curé de Painbœuf confia a l'évêque de Nantes le secret de sa noble action , en mettant à sa disposition l'autel de Buzay. Cet autel fut accordé aussitôt à la paroisse de Painbœuf, et il orne encore l'église de la petite ville , où je l'ai examiné dans ses moindres détails avecune véritable admiration.
Le monument a plus de dix pieds de long sur huit de haut, en comptant le tabernacle et son couronnement. Il se compose de trois parties distinctes, également magnifiques : l'autel, proprement dit, avec sa grande table; les deux côtés, qui forment deux espèces de petits autels, au dessus et en arrière du premier; enfin, le tabernacle et ses dépendances , élevés au centre du reste et dominant le tout de quatre pieds.
L'autel principal est déforme arrondie, rétréci du bas et renflé du haut , à la manière des vases étrusques. Il porte, au milieu, un rosace, avec deux têtes d'anges en marbre blanc , et une autre tète d'ange à chaque extrémité. Les deux côtés ne se distinguent que par les nuances admirables du
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marbre et la variété des ornemens. Le tabernacle ,
avec son sommet , rarpam tout le reste. Il est en marine blanc, incrusté de pièces de diverses couleurs et orné de quatre figurines d'anges. Il est impossible de se faire une idée de la grâce, à la lois enfantine el céleste, qui distingue ces diflérentes tètes d'anges, et le fini n'en < si pas moins merveilleux que l'expression. Quant aux (ablettes de marbre qui garnissent le devant de l'autel et les côtés, ainsi que les eocadremens du tabernacle, c'est là qu'est le secret du sculpteur Boretrtirii Ce sont des mosaïques composées, mm pas de parcelles, mais de molécules du marbre le plus varié et le plus rare. Les meilleurs artistes et les ouvriers les plue suis d'eux-mêmes n'ont jamais osé mettre le ciseau dans cet admirable travail, dé* pérant de rétablir ce qu'ils auraient détruit , et de découvrir jamais le procédé incompréhensible d'après lequel ont été exécutées ces véritables miniatures de pierre.
La ville de Painbœuf est si fière de cet autel/ doublement précieux, qu'elle a refusé à plusieurs évèques successifs de Nantes . de l'échanger contre l'autel de la cathédrale de Saint-Pierre et je ne sais quelles énormes sommes d'argent.
Du reste et indépendamment du courage sacerdotal dont il avait fait preuve à Buzay, le curé de Painbœuf méritait les honneurs et les regrets extraordinaires dont on entourait son cercueil , par toutes les vertus apostoliques et pastorales qu'on peut imaginer. Il avait été , à la lettre , le roi , le père, le médecin, la providence de ses ouailles, pendant sa longue et laborieuse carrière. Et toutes les merveilles que les poètes et les moralistes sacrés personnifient dans ce type éternel et sublime du curé de campagne, ne sont rien près des mille traits admirables que le jardinier Bernard me raconta de son maître , devant M. de F.... , sous la charmille du presbytère.
Le lendemain , je vis la population entière du territoire de Painbœuf suivre en pleurant l'abbé deP... à sa dernière demeure , et j'entendis raconter, le soir, que plusieurs malades, arrivés des pays voisins , sans savoir sa mort , pour se faire soigner par lui suivant l'usage , avaient été guéris miraculeusement en priant sur sa tombe. Quoi qu'il en fût, je ne quittai point la ville sans aller visiter cette tombe, et je la trouvai, avec bonheur, tout embaumée déjà des lis que Bernard y avait plantés.