‹ Doon de la Roche, chanson de geste, pubChapitre 18 sur 62 · Notez qu'au v. 3559 i'* étaient déjà arihés · texte numérisé non relu

Notez qu'au v. 3559 i'* étaient déjà arihés

'■INTRODUCTION tlt

des messages à Sobrie pour faire savoir aux bourgeois que leur seigneur Doon est devant la ville; ils sont très joyeux et font sonner les cloches. Les personnages les plus nobles de la ville s'avancent à cheval pour saluer Doon; le maire lui adresse la parole et lui ofifre des vivres pour ses troupes, en vue du siège de Mayence. Doon refuse ; il a assez de provisions (v. 3653-37i8).

L'armée du duc marche de Sobrie sur Mayence, à travers un territoire peu fertile. Landri, seul, s'éloigne de l'armée, assis sur un mulet, pour aller chasser au faucon. Il est surpris par deux fils de Grifon [de Hautefeuille], Hardré et Hélie, au moment où son faucon vient d'abattre un cygne. Hardré insulte Landri, lui reprochant de chasser près du vivier de son père Grifon ; il en résulte une querelle et un combat. Hardré tue le mulet de Landri ; Hélie l'attaque de l'autre côté, mais Landri le tue. Hardré veut venger son frère, mais Landri le désarçonne, le lie sur son cheval et l'amène à Doon, qui le fait pendre devant Mayence (v. 3j 1 9-383 1).

Les troupes de Doon sont devant Mayence. On dresse des machines de guerre pour battre les murs ; mais la ville, fondée parles Sarrasins, est forte, et les assiégeants ne parviennent pas à endommager ses portes d'ivoire '. Landri jure qu'au besoin il assiégera la ville pendant sept ans. Malingre fait une sortie avec la meilleure partie de sa suite armée; mais les hommes de Landri réussissent à lui couper la retraite. Dans la mêlée, il

I. Nous n'avons pas trouvé ailleurs mention de ces portes d'ivoire {olifant) de Mayence, qui sont peut-être une invention de l'auteur. On peut noter qu'à latin du xii' siècle, époque probable de la composition de F, Mayence était ville ouverte. Pour punir les bourgeois du meurtre de leur archevêque, Arnold de Seelhofen, Frédéric Barberousse avait fait démolir les murs de la ville en 1 163; ils ne furent reconstruits qu'en l'an 1200; voir K.-A. Schaab, Die Geschichte der BundeS'Festung 3/amf, Mainz, i835, in-8*, p. 68.

lutte avec son frère, qu'il reconnaît, et est fait prisonnier par celui-ci '. Le siège de la ville se prolonge. Doon permet au menu peuple, aux femmes, aux vieillards et aux enfants de sortir de la ville pendant la nuit ; après un siège qui dure trois ans et demi, il ne reste à Tomile que vingt hommes. Quand ils n'ont plus à manger qu'un poulet, ils se lamentent et veulent aller demander grâce à Doon et à Landri. Mais Tomile refuse; il propose de s'enfuir de l'autre côté du Rhin, en « Saissoigne » (le pays des « Saisnes », Saxons) : il y reniera la foi chrétienne, puis, aidé des païens, il terrifiera de nouveau ses ennemis. Les autres approuvent cette idée (v. 3832-391 5).

Mais Landri fait bonne garde autour de la ville ; il veille jour et nuit \ Survient enfin l'évêque [Auberi], amenant un ingénieur, Gillibert, fils d'Henri : celui-ci construit des machines de guerre qui détruisent cent quarante toises des murs et brisent les portes d'ivoire. Mayence est prise. Tomile veut s'enfuir, mais il est fait prisonnier par Landri. On rend la ville à Asson, qui en était seigneur jusqu'au moment où il la quitta pour suivre son maître Doon. Le duc part pour La Roche, emmenant Tomile (v. 3916-3966).

Après qu'Olive a embrassé son fils, Tomile est précipité dans la prison [souterraine] où se trouve déjà sa fille. On dîne dans le palais, puis on fait venir Tomile, qui avoue son crime, et est pendu par Olive en per-

1. Dans E (fol. d. iij. v"), il y a un combat entre Malindre (= Malingre) et Enrrique (= Landri), qui le tue d'un coup de lance.

2. Cet épisode, qui ne mène à rien, semble une réminiscence d'un récit qui nous a été conservé dans E (fol. d. iiij. vo-d. v. r*) : le traître Tomillas, assiégé, non dans Mayence, mais dans Cologne, fait creuser un chemin souterrain, qui débouche au dehors ; au moment où il veut sortir de ce chemin secret, il est surpris par les gens d'Enrrique, qui campent justement à l'endroit où se trouve l'issuej il çst reconnu et fait prisonnier.

INTRODUCTION L

sonne, après avoir été traîné par la ville; le corps est brûlé. Ensuite, arrive le tour d'Audegour : on la dépouille de ses vêtements, et on la jette dans le bûcher, qui vient de consumer les restes de son père ; les cendres sont semées au vent'. Quant à Malingre, on lui coupe les jarrets '; mais le clergé, par ses supplications, obtient qu'on lui fasse grâce de la vie : il devient moine blanc, au cloître de Saint-Pierre (v. 3904-4058).

Doon, suivi de ses troupes, se dirige vers Cologne ; comme on lui en refuse l'entrée, il assiège la ville et y lance le feu grégeois, qui incendie des rues entières. Les bourgeois avaient reconnu Pépin comme seigneur et lui envoyaient annuellement un tribut; épouvantés, ils prennent {la résolution d'offrir les clés de la «tour» à Doon ; l'archevêque et son clergé se présentent devant le duc, et lui livrent la ville. Doon épouse Olive une seconde fois à l'église Saint-Pierre ; on célèbre des noces magnifiques, et Pépin vient y assister. Il embrasse Olive; quant à Landri, il lui adresse des paroles élogieuses, et il lui promet la Bretagne, l'Anjou, la Normandie et la « seneschauciée de France ». Mais Landri refuse : il ne veut rien tenir de son oncle, qui a abandonné sa mère, accepté les présents de Tomile et refusé de le recevoir, lui Landri. Une scène violente a lieu entre l'oncle et le neveu ; Pépin exaspéré par les reproches de Landri, veut le frapper, mais Asson et Guinemant le calment; Pépin quitte la ville (v. 4059- 4159)^

1. Dans E (fol. d. vij. v'), Oliva fait tirer à quatre chevaux, sous ses yeux, le traître Tomillas. Il n'est rien dit du supplice d'Aldigon (= Audegour).

2. Ce supplice de Malingre rappelle la légende des Enervés de Jumièges, eux aussi fils révoltés contre l'autorité paternelle.

3. Dans E (fol. d. vj. V), Enrrique, une fois que Tomillas est pris, a une entrevue avec Pépin et lui adresse des reproches amers sur sa conduite j mais l'oncle et le neveu se réconcilient immédiatement après.

LXn DOON DE LA ROCHE

Landri réunit son armée, les hommes de l'empereur [de Constantinople], et va attaquer Hautefeuille, la ville de Grifon. La troupe de Landri rencontre celle de Grifon ; Landri tue celui-ci de sa propre main et met ses gens en fuite ; il prend ensuite la ville, où il trouve un riche butin, qu'il envoie à son père (v. 4160- 4191).

Landri croit pouvoir se reposer enfin ; mais il en sera autrement. Un jour que l'empereur Alexandre de Constantinople est assis à une fenêtre de son palais, il voit un beau cygne, qui lui rappelle le vaillant Landri. La fille de l'empereur paraît; elle demande à son père de faire revenir Landri, qui lui a promis de l'épouser. L'empereur envoie en France un messager, Malprin, qui devra rappeler à Landri ses engagements. Le messager part et trouve Landri au château de La Roche. Il lui parle de l'empereur Alexandre et de sa fille, qui languit d'amour pour lui, et lui présente un anneau, sur lequel il jura jadis de revenir vers son pays [Constantinople], dès qu'on le lui présenterait (v. 4192-4295).

Landri ne sait que faire ; mais son maître, Guinemant, lui reproche ses hésitations : « Tu as reconquis tes terres et vaincu tes ennemis ; ton père et ta mère se sont réconciliés; tu dois retourner au pays où tu as pris jadis les armes; l'empereur t'y comblera de dons, et tu épouseras sa fille ». Landri s'y résout (v. 4295- 4320).

Mais un second messager arrive, messager de malheur : il annonce que « l'empereres de France » a été pris à la chasse, avec cent chevaliers de sa suite '.

I. M. Benary rapproche de cet épisode celui de Jean de Lanson, où Charlcmagne est surpris et fait prisonnier à la chasse par le héros du poème (voir l'analyse de P. Paris dans Histoire littér. de la France, XXIII, 58o).

INTRODUCTION LXIII

Landri ordonne aussitôt qu'on lui apporte ses armes; il réunit 4000 chevaliers. Pendant ce temps, les « Saisnes » chevauchent et s'éloignent, emmenant Pépin; [leur roi] Brohimax reproche à celui-ci la mort de son oncle Carsadoine, et lui annonce qu'il sera jugé le lendemain à Trémoigne. Pépin, transporté de colère et de douleur, brise les cordes qui lui lient les mains ; d'un seul coup de poing il abat l'un des Saisnes. Ceux-ci tirent leurs épées ; ils sont sur le point de le tuer, quand Landri, sortant d'une vallée, les attaque avec ses chevaliers : Brohimax est tué par Landri ; les Saisnes prennent la fuite ; les chevaliers [français] se délient mutuellement, revêtent les armures des Saisnes tués, et montent sur leurs chevaux; Pépin, notamment, s'empare de l'armure de Brohimax. Ils se joignent aux compagnons de Landri : les païens sont mis complètement en déroute, et les chrétiens ramassent un grand butin. Quand Landri, l'épée rouge de sang, rencontre son oncle, il lui dit: « Roi, vous êtes pris ; vous me suivrez à Cologne ; après vous, c'est moi qui posséderai le trésor de Paris ». Pépin se résigne à son sort; il descend même de cheval et tombe aux pieds de Landri. Mais celui-ci le relève : l'oncle et le neveu s'embrassent (c'était la volonté de Dieu) et se rendent ensemble à Cologne (v. 432 1-44 14).

Pépin fait peser trois fois en tin or son corps et son haubert ; il offre cet or à l'autel de l'église Saint-Pierre, distribue des dons à ses compagnons, et offre à Landri cent chevaux. A Cologne, au palais, les barons dînent : Landri leur annonce que, les traîtres étant punis et ses parents réconciliés, il partira le lendemain pour Constantinople, où il a promis d'épouser la fille du roi Alexandre. Pépin dit qu'il partira volontiers avec lui; on envoie un messager à Constantinople, pour annoncer l'arrivée prochaine de Landri et de sa suite (v. 4415-4461).

Le messager arrive à Constantinople ; l'empereur, apprenant la nouvelle, monte achevai pour aller à la rencontre de Landri. Rencontre de l'empereur et de Landri, d'Olive et de Salmadrine. On descend au palais, où a lieu un dîner magnifique; jeux. L'empereur Alexandre envoie des messagers, pour que tous les barons de son empire viennent assister aux noces de sa fille. Tant de barons y vinrent que les noces durent se faire hors de la ville, dans une grande prairie. En présence de Pépin, l'empereur Alexandre adresse la parole à Landri et lui annonce qu'il lui donne sa fille, avec tout son empire. Le mariage de Landri et de Salmadrine est célébré par l'archevêque Jean, à la grande église, en présence des deux empereurs ; Landri et Salmadrine sont couronnés au palais, où a lieu une fête égayée par des ménestrels. Les réjouissances durent pendant un mois entier; puis l'empereur congédie ses barons après avoir distribué des cadeaux ; mais Landri garde près de lui les Français, pour leur montrer ses châteaux. A la fin, Pépin annonce qu'il est obligé de rentrer dans son pays ; Landri lui recommande de vivre en paix avec Doon et Olive; Pépin promet à Landri le secours de sa « chevalerie », s'il en avait jamais besoin. On donne le signal du départ et on prend congé; Olive recommande à Salmadrine son fils Landri. Pépin, Doon et Olive arrivent à Cologne, où les bourgeois leur font fête, puis Pépin regagne Paris. Doon et Olive vivront désormais en paix. Landri et Salmadrine eurent des enfants qui tinrent à la fois Constantinople et le domaine qu'avait possédé Olive, et qui furent de bons chevaliers (v. 4462-4627).

La chanson est finie ; si vous voulez en savoir davan. tage, adressez-vous ailleurs (v. 4628-4638).

INTRODUCTION LXV

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