‹ Doon de la Roche, chanson de geste, pubChapitre 5 sur 62 · Dans notre fragment, c'est peut-être simplement une gra · texte numérisé non relu

Dans notre fragment, c'est peut-être simplement une gra

5tll DOON DE LA ROCHE

Ai pour a se rencontre devant g continu (suffixe -ancns, exe): putaige if68, i3i2, hontaige 3148, anraige 1223, i253, enraigier 3179, saiges 3\32. — Si mas [maïs) 3189, n'est pas une faute de copiste, c'est un exemple de la réduction d'à/. à a, que nous retrouverons en étudiant la langue du manuscrit de Londres.

Si aseîer 3279 était vraiment l'équivalent d'essaier, on aurait un exemple du passage d'e protonique initial à a, dont nous trouverons des traces assez nombreuses dans la graphie du manuscrit de Londres, mais le vers n'est pas bien clair et il peut être altéré.

Poichiei {—pechie^O au v. 3238 nous ofFre un exemple du passage d'e protonique à of ; d'autre part e tonique, issu dl latin entravé, passe à o dans eschevole i3o5, correspondant au francien eschevele.

Oi pour 0 est habituel avant ch et g continu : La Roiche 1146, 1218, 3288; loiges 3204; dans ces deux exemples, l'o est ouvert et tonique; de môme avant l'accent : loigié 3i i3, broichant, 11 60, et dans boiche 1285, où l'o est fermé et tonique. On lit ois pour os (première personne du présent de l'indicatif) au v. 1262.

Dans ensoigner 3227, proinne 1297, roinne i233, roigne 3i5o, oi correspond à la forme française ei [enseigner, preigne, reigne), Vi servant à marquer le mouillement de r«. On a aussi oi dans consoil 1209, moillor 3 2^g, ploin I2i3.

O, ou sont employés indifféremment pour l'o fermé (latin ô, ù) : d'une part, nos, vos, lor, por, jor, mots qui reviennent fréquemment, glo:{ 3iii, deso:{ 320i, trèsfof 1280, fo^ 1 188, 1247, traïtor 1188, seinnor 1244, ore (lat. hora) 1261, jornées iSig, secors 1268, plore 1205, ploroient 1304; d'autre part, bourc 1259, court 1258, glorious 3217, nevou 3i38, 3214, prou:{ 3228.

phie particulière {aie pour ée); comp. vaiai =■ veai (lat. vetavi) 3234. /

INTRODUCTION X

— Dans douce 1262, Vu peut représenter/ vocalisée, mais il y a (io^ (masculin) au v, 1272. — Dans pou i35, etc., Vo est ouvert (lat. paucum), mais il y a j70 aux vers 1281 et i3i 3.

U représente ue : mute 3 195, illuc 3 186; mais on lit bues au v. 32o5. — On lit veul, pour vuel, au v. 3242. ,

— Gurpie, pour guerpie,au v. i258, peut être une faute du scribe.

Ui dans fuissiez 1166, à côté de fusse 1167, n'est point une forme insolite; mais ce qui est bien exceptionnel, ce sont les participes passés entendui 1249, corrui 1 161 ; la forme habituelle u se trouve dans venu i3o9, i3i9 et descendu i32o. Fui (lat. fuit) est constant (i i56, 1 194, 1 198, 1206, 1287, 3x36, 3216, 3243); de même on a connuit 32i5 et estuit 1 193.

Consonnes. — L n'est pas toujours vocalisée devant une consonne : on trouve nel (ne le) au v. 3287, mais il y a nou au v. 3234; viels [ponr vuels) 3286, 3287, mais voudrai 3222, 3223. L'article masc. sing. combiné avec de est tantôt écrit dou 12 14, 3x23, 3198, 3241, tantôt do 1270, 1274.

La notation de la finale us [Is] est flottante : aux i x 6 1 , mais ax 12 14; biaus X232, i236; biax i25o, 1294, 3256, 3272; bex 1 165 ; damoisiax i3o2.

L mouillée, entre deux voyelles, est écrite//: essillie\ 3x83, 3237, moillier 3i8i,3x9X, 3229; suivie d'une consonne, elle est écrite / : miel\ x324, iels ii6i, ou se vocalise en u : eu\ 1254.

N mouillée, entre deux voyelles, est figurée par nni : gaainnier 3ig^, plainnier 3202, ou par gni : ensoignier 3227, ensoignie^ 3x65; devant une atone on a nn : vinne (lat. vinea) 3197, Coloinne x3oi.

Le son résultant de r + -^ Isti'is est noté par ;[ dans ensoignie:{ 3i65, outragiez 3167, mais par s dans amïés 3 ijS.

Morphologie. — Déclinaison. — On trouve s analo-

gique au cas sujet singulier des substantifs : bons 1248, 3187, prodons 3 186, 3220, pères 3i25, 3144; la forme Do:{ pour Do, constante dans le manuscrit, se lit dans le fragment au v. 3238; je n'ai pas trouvé d'exemple de Do. — Dans la déclinaison du pronom possessif, on peut noter /«f 1234 (cas régime pluriel).

Conjugaison. — Nous ne voyons à relever que redo:{ 32IO (f* pers. du sing. ' du présent de l'indicatif), gardoit i3o7 (3^ pers. du sing. du présent du subjonctif) et haubergetes 3259 (2» pers. plur. du présent de'l'indicatif).

Si la langue des fragments a un caractère oriental nettement prononcé (à noter ai pour a dans certains cas, ai pour ei, oi pour 0), ce caractère est encore bien plus marqué dans la langue du manuscrit de Londres, qui offre d'ailleurs une plus grande variété de faits, ce qui s'explique par la différence d'étendue, le manuscrit contenant plus de 4600 vers au lieu des 36o des fragments. Remarquons dès maintenant que, par un hasard singulier, les traits les plus frappants de la langue du manuscrit, pratiquement unique, qui contient Doon de La Roche, se retrouvent dahs le manuscrit également unique qui nous a conservé la chanson de geste d'Orson de Beauvais. Dans l'exposé qui suit, nous renverrons, pour ces traits, à l'étude de G. Paris, dans l'Introduction à son édition de ce dernier poème '. Nous prenons comme point de comparaison le « francien » normal.

Notons, avant de passer aux faits de phonétique proprement dite, quelques particularités de graphie, qui s'expliquent par la date du manuscrit : au (issu d'al) s'écrit parfois aul : aultres i5, 26, aultre, 1298, hault

I. Nous retrouverons plus loin une forme analogue dans le manuscrit de Londres, p. xxiii.

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