‹ Doon de la Roche, chanson de geste, pubChapitre 6 sur 62 · Orson de Beauvais (Paris, 1899), P* vii-xvni · texte numérisé non relu

Orson de Beauvais (Paris, 1899), P* vii-xvni

INTRODUCTION XV

46. etc.; us final s'écrit Ix, ux et même ulx'.bealx 2847, chevalx iSi-j, joieulx 32i6, beaulx 32oj, chevaulx 18, 5/3, 2469, damoisiaulx 2680, glorieulx 3198, mieulx, 1324, mantiaulx 25, morciaulx 3448, senechaulx 3555, etc. De même, f est assez souvent écrit j^ : tournoy 17, lojraulment 12, rqr 20, ;q^e 80, etc. — Il y a des traces d'orthographe étymologique : corps 43, monstre 45, nepveu 5 20, 3i38, etc. (très fréquent) '.

Phonétique. — Voyelles.

A est représenté par ai dans les syllabes protoniques : aisiet, aissiet (assiet) 2763, 3 200, maingier 1443, 1537, mainja (mangea) 1228, et plus souvent dans les toniques : baire (barre) 3092, baires 3614, barnaige 16,107, lignaige 88, /7a/5 (pas) 3416, etc. Ces formes se retrouvent naturellement dans les verbes : abaitre 1394, availlent (avalent) 3575, chaice (chasse) 1403, faice (fasse) 3097, osaites (osaistes, osastes) 1)626, paissent (passent) 291 1 ; ai (a) 1849, ^^^ {^) 1742, 2773, vai (va) 2j2\ vait (vat, va) 267, etc., et surtout aux deuxièmes et troisièmes personnes du singulier du futur : irais 1294, i362, serais 1349; avrai 225 1, dirai 5^5, ferai [=: serai, sera) i52, irai i3o, vandrai (viendra) 33o6, etc., et aux troisièmes personnes du singulier du prétérit: plourai (ploura) 187 ^ Comparer Orson de Beauvais, Introduction, p. vm. — A peut devenir au devant/ et bl : maul 3357, ^^ule 3410, saule (sale) 3535, 3557; conestauble, 3568, guennissauble 36oi, tauble 3412 (cf. Orson, Intr., p. viii-ix). — Parfois a devient e : Elemens (Allemands) i3, essaus (assaut) 1867, leniers (laniers) 2453, chevellerie 2691, vessaulx {vSiS-

1. La forme monstier pour moustier, 1201, 35 16 se trouve déjà dans Jourdain de Blaie, édit. C. Hofmann.

2. Il faut probablement expliquer par le passage d'à à ai, suivi de la simplification d'ai en e, les formes melletes (mellastes) 4002 et chaceste[s] (chaçastes) 4005 ; cf. haiibergeres, faute pour haubergetes, 3269.

saus) 3704 pert (part) 38-2 1. Dans Orson, G. Paris n'a constaté ce fait que pour a devant n (Intr., p. ix). — Une fois, devant une chuintante, a devient oi : broichès (brachez) 33o3.

E provenant d'à latin tonique libre devient ei (sporadiquement) : grei ou grey jj, 595, 1587, 3o3i, crestientey 407, maufei 3291, prei 2968 ; dans les participes : donney 408, gardei 872, ancontrei 1604, etc. Dans ces exemples, ei est final, mais on le trouve aussi à l'intérieur d'un mot : mefre (mère) 490, remeist 865, sceit 814, 887, 3i 1 1, etc., de savoir {cL Orson, Introd., p. ix). — £■ de toute provenance peut devenir a, soit dans les syllabes toniques : ast (est) 2951, duchasse 2570, remas (remés, de remanoir) ioôy, sale (selle) 2012, 3792, soit surtout dans les protoniques : assauça (exhaussa), 5, arastement 2614, armine (ermine) 2706, aseier (essayer) . 3379 ', assauças, 2967, avesques 2g36, 2967, etc., Barnars 3 191, 3 660, Barnart 32 i 5, gardon (guerredon) 3'526, palée (pelée) 41 10, rames 1902, trabuchier 2304, 2481. On trouve même assongne 4340, pour enseigne, ce qui semble supposer une forme esseigne. C'est surtout quand ce fait phonétique s'accompagne de la chute de \'s, dont nous parlerons plus loin, que le mot prend un aspect quelque peu déconcertant : amaier (esmaier) 3 100, avoilla (esveilla) 271 3, aposa {esposa) 4533, malée '' (meslée) 2069, ratoié (restoié) 2537. Ce changement d'e en a se retrouve dans Orson de Beauvais (Introd., p. ix). — Un cas spécial, où e est supplanté par a, est celui des troisièmes personnes du pluriel du prétérit : retournarent, 1 1S4., jurarent 1202, montarent 2972, lassarent ^"ijj, etc.; nous reviendrons sur ce fait à propos de la langue du poème. — Notons

1. Cette forme reproduit celle du fragment; voir plus haut, p. xii.

2. Cette forme est aussi dans Parise la Duchesse (v. 2333, édit, Guessard et I.archey), dont le manuscrit unique a une teinte orientale prononcée. ^

INTRODUCTION

encore quelques formes où ï latin entravé est rendu par o {vove 29, lat. vïdua) ou par oi {eschevoille i3o5, lat. *excapiliat), et joignons-y (quelle que soit l'explication qu'il en faille donner) aort 1341.

E protonique peut passer à i : giter 2546 et à au : Leauroine ["pont Loeroine, Lorraine) i3o, guerraudon 3383. — On le trouve quelquefois représenté par o et par M : proer 35, gurpie i258. — Notons encore vaiai, pour veaiy 3234, qui reproduit une forme que nous avons déjà signalée à propos des fragments. Nous traiterons plus loin, en parlant de la morphologie, de la chute de Ve protonique dans le futur des verbes de la première conjugaison. — Par contre, un e posttonique inorganique paraît dans avecque 3222, avecques 33 16 (pour avoec, avec) \ On a également la forme singulière pères 36, pour pers, pairs.

E nasalisé (en) devient a [an] beaucoup plus fréquemment que dans les fragments : an/es, j5, 94, apant 8, antandre 80, 94, antans 1227, ante (ente) 1394, 1418, jugemant 21, panre 2 53, etc.; les exemples abondent. De même dans les syllabes protoniques : amperieres (empereres) 41, anraige 785, 819, 937, 1223, tanra (tenra, tiendra) 68, vanrai (venrai, viendrai) 1277 etc., et dans les posttoniques : gisant (gisent) 2912, montant (montent) 2i%(>, pendant [iptndenX] 22S j, présentant (presentent) 3028. Une fois on a ain, et une fois on, pour en : gainchi 1178 (pour guenchi), Vondemain 21 17 (pour Vendemain).

En ce qui concerne Vi, nous avons déjà remarqué que cette voyelle s'écrit souvent^. — Nous avons noté un exemple d'£ inséré entre deux voyelles : joier 2358, pour joer (jouer); ou bien i représente-t-il le c de jocare?

Il y a maint exemple d'o libre tonique (ô latin) deve-

I. Nous verrons que l'auteur employait parfois la forme avecque, mais, dans les cas cités ici, avecque {avecques) fausse le vers.

nant eu : pluseurs 24, leurs 2 5, seigneurs 47, doleur 4.S5,joeux 993, honeur /^3ï2, moilleur 33 18, etc. Mais, à côté d'o [enor 8, jugleors 24, seror 89, baudor 1 13, etc.), oz/ n'est pas moins fréquent : prou 40, seignours 52, juglour 104, ploure 146, nevoM 493, baudour 971, anour 974, etc. — O devient 01 devant cA, n, v, 5, f : boiche 2442, broiche 1099, cloiches 2931, La Roiche 2194, 2965 ', èoin^ 2444, ofr (or, lat. aurum) 2907, oireille 2o65, ois (os, mod. « ose ») 1262 ^, oitour (ostor, mod. « autour ») 2180, oit (ot, lat. habuit) 2987, oit (ot, lat. audit) 2825 ^ vozV (vot, lat. voluit) 3245.

Diphtongues. — Ai se réduit à a : lassent (laissent) 2370, mas (mais) i252, 2410, 2446, 26i3, 2672. Ce fait se présente surtout dans les premières personnes sing. des verbes. Présent: a (ai) 241 i , 3820, sa (sai) 556, 1 147, sça (sçai) 1278, la (lai ou lais) 2197; futur cèlera 2238, donra 2085, prendra 3522 ; prétérit amena 382 1, aporta 3498, engendra 240, jura 1349, i363, 1372, laissa 2025, mena 3095, planta 1272*. — Cette réduction, contrepartie du passage d'à à ai, se retrouve dans le manuscrit d'Orson de Beauvais (Introd. p. vu).

Ai passe parfois à oi : deloier (delaier) 276.

Au (issu d'à/) est réduit k a ^ : habergié (hâuhergié) 2773 ; chevache 3o58, 3722, 3824, chevacha 3848, ignas (isniaus) 3703, madie 2955; de même dans l'article : a [au) 2555, 2556, 258i, 2771. — Même fait, en ce qui concerne l'article, dans Orson de Beauvais, Introd. p. xii. — Tout à fait insolite est le passage d'aw à oi dans chevoichent 43 5 o.

1. Le scribe procède au hasard. Au v. 1146, où le fragment porte La Roiche, il écrit La Roche.

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