‹ Dorine, Chèvrefeuilles sauvagesChapitre 8 sur 13 · A PROPOS DE LA SAINT-SYLVESTRE · texte numérisé non relu

A PROPOS DE LA SAINT-SYLVESTRE

ment un veinard. Fils d'un Romain nommé Rufin et d'une pieuse femme appelée Justa, on le confia dès son jeune âge à un prêtre chrétien qui fit éclore en lui la vocation ecclésiastique. En ce temps-là, — fin du troisième siècle, — la religion nouvelle, prêchée par saint Paul, commençait à gagner en faveur. Chez les jeunes patriciens d'alors, il était de bon ton de faire profession de christianisme, comme il sied à nos jeunes esthètes contemporains de se dire socialistes, voire anarchistes. Le grand Pan se mourait avec le chœur divin des Sylvain?, des Dryades et des Néréides. Le polythéisme antique devenait vieux jeu. Les grandes dames, à l'imitation de leurs esclaves, s'éprenaient à Tenvi de ce jeune Dieu galiléen, qui était mort sur la croix pour le salut des humbles, des pauvres et des souffrants. Sylvestre fut ordonné prêtre par le pape Marcellin en Tan 505; onze ans après, il était élu pape à son tour et obtenait les bonnes grâces de l'empereur Constantin, qui venait lui-même de recevoir le baptême. Le nouveau pontife, disent ses biographes, eut le bonheur de fermer Tère des persécutions. Mais ce serait trop exiger de la nature humaine que lui demander la tolérance.

Quand on n'est plus persécuté, on devient faci-

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