CHAPITRE II
Précipitation et dosage de l'acide urique pur.
Action oxydante de MnO'K sur l'acide urique. — Un grand nombre de chimistes, Fourcroy, William Prout, Brugnatelli, Strecker, Edms et Clares, ont étudié l’action des oxydants sur l'acide urique, mais c'est surtout aux beaux travaux de M. Liebig et Wobhler que l’on doit la connaissance de ces produits d’oxydation. Plus tard, Bayer reprit l’étude de ces dérivés et les classa en les considérant comme des uréides à radicaux polyatomiques. D’après Béhal, les agents d’oxydation décomposent l’acide urique de deux façons : ou bien ils séparent une molécule d’urée et donnent de l’alloxane, ou bien il y a ouverture de la chaine, départ de CO? et formation d’allantoïine.
A leur tour l’alloxane et l’allantoïne peuvent subir une nouvelle oxydation. Cette oxydation peut être obtenue d’une facon complète à l’aide du permanganate de potassium, à la condition toutefois d'employer une solution de ce sel d’un titre convenable et d'opérer en solution acide et bouillante.
La réaction peut s'exprimer de la facon suivante : Az?
CHH4A 2103 + 30 + 2H20 —=2CO( +3CO?
NAzH?
Le terme ultime de l'oxydationest bien de l’urée, corps non attaquable par le caméléon, car Jolles, en traitant ce produit par AzO*H, obtient du nitrate d'urée et par addition de phénylhydrazine, de la phénylsemicarbazide. Cet auteur a même indiqué un procédé de dosage de l'acide urique reposant sur cette réaction. |
Dans laliqueur bouillante, ilfaittomberune solution à O0 gr. 80 p. 1000 jusqu’à coloration rose, il décolore le permanganate à l’aide de l’acide oxalique et dose l’urée ainsi formée avec un azotomètre spécial. Le poids de l’urée trouvé, multiplié par un coefficient approprié, donne celui de l’acide urique. Fulta avait obtenu des résultats contradictoires avec la méthode précédente; d’après lui :
1° Lafin de l'oxydation ne peut être constatée ;
2° Dansles conditions de l'expérience exposée pré-
É cédemment, l’ébullition avec SO'H* à 4 p. 100 produit
la destruction complète de l’urée ; 3° La majeure partie de l'azote est transformée en
. AzHä.
L'auteur conclut à l’inexactitude des résultats publiés par Jolles.
Mais tout récemment (mars 1904), Richter vient de confirmer les expériences de Jolles, d’après lui l'acide urique est transformé quantitativement en urée par oxydation du permanganate en solution fai-
blement acide, l'oxydation est terminée quand l’addition de MnO'K produit un précipité qui persiste après une demi-heure d’ébullition. D'ailleurs, depuis. déjà longtemps, Gorup-Bézamet avait réalisé cette transformation én vitro de l’acide urique en urée en faisant passer un courant d’azote dans une solution d’urates alcalins.
L’acide urique est oxydé par le permanganate en solution acide, neutre ou même alcaline, à froid, à chaud et surtout à l’ébullition. Comme on doit le prévoir, le terme de l'oxydation varie avec l'oxydant, le milieu et la température.
Lorsqu'on opère en milieu acide avec SO“, par exemple, l'oxydation se fait régulièrement et la fin de la réaction est indiquée par une teinte rose persistante. Cependant, comme le fait judicieusement remarquer Denigès dans son Traité de chimie analytique, on observe deux phases dans cette oxydation :
Dans la première, le permanganate est décoloré rapidement, puis dans la seconde au contraire, l’oxydation est plus lente et la coloration rose persiste assez longtemps. Si maintenant on vient à chauffer, on voit le permanganate se décolorer à nouveau et quand la teinte rose persiste d’une façon continue à l’ébullilion, l'oxydation est complète. Ace moment l'acide urique est complètement transformé en urée.
Il y a toute raison de croire que ces deux phases correspondent aux deux équations énoncées cidessus, la première ayant l’allantoïne comme terme d’oxydation et la seconde l’urée. La première phase