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CHAPITRE V

MESURES des GONADOTROPHINES HYPOPHYSAIRES

| En 1927, Smiri et ENGLE, d’une part, ZoNpEk et ASCHEIM, d'autre part, ont montré la présence dans l’ante-hypophyse de gonadotrophines spécifiques.

Leur excrétion se trouve même — et sur-

tout — dans lurine de l'individu castré ou de la femme ménopausée.

Trois hormones distinctes au moins les composent :

a) Une hormone stimulant la maturation des follicules de l'ovaire ou l’épithélium germinal du testicule : c’est l'hormone gamétocinétique ou

b) Une hormone favorisant le développement du corps jaune ou l’activité du tissu interstitiel testiculaire : c’est l'hormone interstitielle (H.

[.C.S.) ou lutéinisante (L.H.).

Lara de

c) Une hormone maintenant l’activité du COrps jaune qui est probablement identique à

l'hormone lactogénique ou prolactine.

La nature chimique de ces hormones

n’est pas encore exactement connue ; ce sont sans doute des glycoprotéines. Aussi aucune technique chimique de dosage n'’existe-t-elle. On doit se contenter des méthodes biologiques en étudiant les variations morphologiques qu’elles provoquent sur les ovaires ou sur les testicules. On peut les observer, soit par des techniques histologiques, soit par examens des organes à la loupe ou plus souvent à l'œil nu. |

Habituellement, l'augmentation de poids des gonades de l’animat-test donne le résultat de l’activité gonadrophique étudiée.

Les variations structurales des glandes génitales étant suivies d’une production accrue d'hormones sexuelles (œstradiol, progestérone, testostérone), les organes secondaires de reproduction (utérus, vagin, vésicules séminales, prostate) augmentent de volume. Aussi l’action primitive sur les gonades accessoires est-elle considérée comme le résultat cherché.

Théoriquement, l'animal-test devrait être hypophysectomisé, les réactions propres de son hypophyse pouvant fausser les résultats. Mais, dans ce cas, l'absence du récepteur hypophysaire ne peut-elle pas modifier la réponse des gonades ? Il convient aussi de tenir compte des difficultés techniques de l'hypophysectomie.

On emploie des animaux d'espèces très

variées, tels que la souris, le rat, le singe, le lapin, le pigeon, le coq, ou même le crapaud, la grenouille, etc.

Chez le mâle impubère, le critère de réponse est l'augmentation de poids des vésicules séminales ou de la prostate.

Chez la femelle, on s'attache aux variations morphologiques de l'ovaire.

En pratique, on se sert d'animaux intacts impubères, la production de gonadostimulines par leur hypophyse propre étant alors très faible. Même dans ces conditions, il est certain que les stimulines injectées agissent sur l'hypophyse, soit directement, soit vraisemblablement indirectement par l'intermédiaire des hormones sexuelles.

Chez l'animal adulte, on ne peut pas utiliser les organes de reproduction comme critère d'essais des gonadotrophines, qui les stimulent toujours d’une façon très nette (cette remarque ne s'applique cependant pas aux animaux à vie génitale saisonnière, ni à ceux où l'ovulation normale ne se voit qu’à la suite de la copulation).

En principe, le sexe de lanimal-test est indifférent. Mais on préfère les femelles, car les variations au niveau de l'ovaire (stimulation des follicules, formation de corps jaune) sont plus commodes à évaluer que celles au niveau du testicule et des vésicules séminales, où il est fort délicat d'estimer l'augmentation du tissu interstitiel.

Comme animal-test, la souris femelle impubère (d'environ trois semaines et pesant 6

Tape

à 8 grammes) présente de nombreux avantages pour les dosages de gonadostimulines. Les variations morphologiques au niveau de l'ovaire (accroissement des follicules et développement du corps jaune) sont si caractéristiques et si nettes qu’on peut facilement les apprécier par simple examen à la loupe. Ces animaux sont, de plus, faciles à manipuler et à entretenir ; leur seul désavantage sérieux réside dans leur susceptibilité aux toxines de l’extrait urinaire. La rate femelle, par contre, beaucoup moins sensible aux toxines urinaires, nécessite un examen histologique de l'ovaire pour en apprécier les modifications.

Des souris femelles de vingt et un jours sont injectées — ou avec des urines, soit telles quelles, soit diluées, — ou avec des extraits urinaires à l’acide tannique ou à l'alcool, pendant un délai de deux jours. Le cinquième jour, on dissèque les ovaires et on les examine à la loupe : les ovaires stimulés par F.-S.-H. sont pâles et contiennent un certain nombre de follicules intermédiaires, mais sans corps jaune, ni follicules hémorragiques.

La méthode, la plus couramment utilisée et qui nous paraît la plus aisée, emploie lextrait alcoolique obtenu ainsi :

250 cc. d'urine fraîche de’ vingt-quatre heures sont amenés à pH = 5,0 avec quelques gouttes d'acide acétique à 20 %. On vérifie au rouge de méthyle et on place dans une éprouvette d’un litre. On complète à un litre avec de l'alcool absolu, On laisse décanter cina à six heures : le

liquide surnageant est siphoné et la partie précipitée est centrifugée ; le liquide est rejeté.

Le culot de centrifugation est repris dans 10 cc. d’eau distillée et amené à pH = 8,0 par quelques gouttes de solution concentrée d’ammoniaque (vérifier au rouge de phénol). On ajoute un égal volume d'alcool absolu (10 cc). On centriluge ; l'hormone se trouve dans la solution. N rejette le culot de centrifugation ; le liquide € air acidifié par IT gouttes d’acide acétique au 1/10° (pH = 5,0), est additionné de trois volumes d’alcool absolu (30 cc.). On centrifuge et on décante ; le liquide est rejeté et l'hormone se trouve dans le précipité.

Selon les proportions du culot, on le dissout dans 2 cc. 5 ou 5 cc. d’eau distillée alcalinisée. Puis on injecte par voie sous-cutanée une quantité adéquate à chaque animal, trois fois par jour pendant quarante-huit heures.

Le dosage de l'activité L.-H. s'effectue, de même sur des souris adultes, injectées avec l’extrait alcoolique aussi obtenu de la même façon, par la mise en évidence d’un corps jaune au niveau d’un ovaire hyperhémié.

Il est évident que, dans un essai de gonadostimulines, la réaction obtenue dépend de la proportion de F.S.H. et de L.H. contenus dans l'extrait. De plus, les deux hormones agissent en synergie ; Ja réaction sur les gonades est alors beaucoup plus importante que ce aue la simple addition des effets le laisserait prévoir,

de

La méthode d'extraction des F.S.H. et L.H. urinaires étant les mêmes, les deux stimulines agissant de plus en synergie, seul l’âge des animaux en expérience variant, il persiste toujours un doute sur lexactitude des résultats obtenus.

Il convient de noter aussi qu’une autre cause d’erreur consiste dans la réceptivité différente de lots entiers d'animaux, selon leur origine, leur nourriture, leur lieu d'élevage.

Malgré l'assez grande amplitude des chifires extrêmes donnés comme résultats normaux (20 à 50 U.-S. par vingt-quatre heures pour le F.S.H. et 5 à 10 U.-S. pour vingt-quatre heures pour le L.H.) et les multiples causes d’erreurs, ces dosages restent cependant d’une grande valeur : ils donnent des indications au clinicien. Il sera toujours utile de contrôler par un nouveau dosage des taux qui sembleraient discordants avec le contexte clinique.

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