‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le TribunalChapitre 70 sur 90 · INTEEROGATOIEE DE DUPER&ET · texte numérisé non relu

INTEEROGATOIEE DE DUPER&ET

D. Pour une fois qu'il avait vu la fille Gorday, il y avait pris un grand intérêt^^ puisque, malgré les occupations que lui donnaient les fonctions de Député à la Convention nationale, il avait pu aller deux fois dans la même journée chez la fille Gorday, qu'ainsi il fallait croire que cette fille avait des choses très-intéressantes à démêler avec lui.

R. Que les heures auxquelles il s'est rendu chez la demoiselle Gorday, ne pouvaient aucunement le distraire de ses fonctions de Député, pour un objet aussi simple et un temps aussi court que celui qu'il était nécessaire d'employer pour remplir l'objet dont il était question ; qu'au surplus, il n'a pris d'autre intérêt à elle que celui que tout homme honnête prend quand il s'agit de rendre service.

D. Oii restait la fille Gorday?

R. A l'hôtel de la Providence, rue des Vieux- Augustins.

D. Si les deux fois qu'il a été chez la fille Gorday, il était seul.

R. Oui.

D. S'il a trouvé la fille Gorday seule et s'il lui a parlé tête* à tête.

R. Qu'il l'a trouvée seule, qu'il s'y est arrêté quelques minutes pour parler d'abord de son affaire chez le Ministre et ensuite ils s'entretinrent quelques instants sur les députés qui étaient à Gaen.

D. Dans cette conversation intime, n'a-t-il pas été question de Marat?

R. Que le nom de Marat n'a pas seulement été prononcé.

D. La fille Gorday vous a-t-elle fait part des motifs de son voyage à Paris.

R. Que la fille Gorday ne lui a parlé que de la commission qu'elle avait à faire chez le Ministre de l'intérieur.

D. N'avez-vous point vu la fille Gorday le matin du jour de l'assassinat de Marat.

R. Que non.

A lui observé que dans les débats lors du jugement de la fille Gorday il a été déposé qu'il l'avait vue le jour de l'assassinat de Marat.

R. Que les témoins se sont si étrangement trompés que s'ils s'obstinaient encore à le soutenir, il offre de prouver son alibi.

A lui observé qu'il est étonnant que ne connaissant point la fille Gorday, il ait été deux fois chez elle et l'ait conduite chez le Ministre de l'intérieur ; qu'un Député à la Convention ne doit voir les Ministres

AYANT-DEHNlèRE LETTRE DE CHAULOTTE A SON PÈRE. 33

que comme subordonnés à la représentation nationale, et ne peut sans de grands motifs se permettre de solliciter auprès d'eux ou de leur conduire des solliciteurs; qu'on est obligé de croire d'après les démarches qu'il a faites avec la fille Gorday, qu'il prenait un grand intérêt à cette fille, ou que cette fille lui était recommandée par quelque personne avec laquelle il avait une grande intimité.

R, Qu'il n'est rien d'aussi naturel que de s'intéresser à une demande aussi simple que celle de la demoiselle Corday qui n'était autre chose que de retirer des papiers, qui étaient chez le Ministre, qu'elle venait réclamer; qu'il n'était pas là question d'aucune sollicitation autre que celle-là, et qu'il ne s'y était employé que pour remplir l'objet de la lettre que lui avait adressée Barbaroux, qui a été remise au procès ; que c'est là toute la part qu'il a pu y prendre,

D. La fille Gorday ne vous a-t-elle pas sollicité d'aller à Gaen joindre les Députés qui s'étaient évadés.

R. Qu'elle l'a fait à plusieurs reprises dans les différentes entrevues qui ont eu lieu entre l'accusé et elle, et qu'il lui avait constamment répondu que son poste était à Paris, qu'il ne pouvait consentir à se déterminer à l'abandonner.

D. Si la fille Gorday ne lui avait pas dit ce qui se passait à Gaen, et notamment qu'il y avait déjà des corps de troupes formés pour marcher sur Paris et que les soldats étaient journellement inspectés par les Députés évadés.

R. Qu'elle lui dit qu'il se rassemblait des troupes à Gaen, mais que jamais les Députés ne les avaient inspectées ; qu'à l'égard de sçavoir si elles doivent se porter sur Paris, il ne se rappelle pas qu'il en ait été question.

Le surplus de l'interrogatoire est étranger à Gharlotte.

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