‹ Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday, devant le TribunalChapitre 72 sur 90 · DE CHARLOTTE A SON PÈRE · texte numérisé non relu

DE CHARLOTTE A SON PÈRE

naire, elle dit: (voir noire ouvrage, Dossiers de C. deCorday^ p. 95).

« Si j'ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, » cesque j'espérais garder l'incognito; mais j'en ai reconnu Timpos- » sibilité. »

Dans sa lettre à Barbaroux, elle dit aussi, en parlant de son père : — a Je lui faisais croire que redoutant les horreurs de la guerre » civile je me retirais en Angleterre. » (Voyez le fac-similé de cette lettre, p. 5, dans l'ouvrage cité ci-dessus).

C'est précisément ce qui se trouve dans la lettre publiée par V Autographe^ et que nous appellerons suivant l'usage la lettre de question,

M. de Gorday, dans son interrogatoire, ne dit pas où sa fille lui annonçait l'intention de se retirer. La raison en est simple : il ne savait pas encore ce qu'elle était devenue ; elle pouvait s'échapper, chercher à gagner les côtes d'Angleterre, il était donc plus prudent, dans la terrible incertitude où il devait se trouver, de ne pas dire quel était le pays vers lequel elle disait s'être dirigée.

Cependant, on pourrait objecter que les lettres de Charlotte à Barbaroux et à son père ayant été publiées depuis longtemps, il aurait été facile au faussaire d'y trouver l'intention manifestée par Charlotte d'aller en Angleterre.

Mais l'interrogatoire de M. de Gorday n'a pas été publié.

Or, il contient une phrase qui se retrouve, presque mot pour mot, dans la lettre que nous discutons.

a — A repondu quil avoit reçu une lettre d'elle il y a eu jeudi » dernier huit jours, dattée du mardi matin d'avant où elle lui » mande qu'à son départ de Caen, elle met cette lettre à la poste, » que quand lui répondant recevra cette lettre elle ne sera plus en » France. »

Comparons la lettre de V Autographe :

« En partant^ je mets cette lettre à la poste pour vous^ et quand » vous la recevresje ne serai plus en ce pays. »

L'identité est évidente. Continuons :

[Elle lui mande] qu'elle ne croyait pas que l'on pût y vivre (en France) tranquille d'ici à longtemps.

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