ATANT-DERNIÈRE LETTRE
Lettre de V Autographe :
« Je ne crois pas qu'on puisse vivre en France heureux et tran- » quille de bien longtemps. » —
Pour admettre la possibilité d'un pastiche il aurait fallu que Tauteur du faux eût en sa possession Tinterrogatoire de M. de Gorday d'Armont ; or, s'il l'avait eu, il l'aurait publié pour donner de la consistance et de la valeur à la lettre qu'il fabriquait.
Le style. — « Le ciel nous refuse le bonheur de vivre ensemble. »
Cette tournure de phrase paraît habituelle chez G. de Gorday. — Ainsi, elle a écrit dans l'Adresse aux Français :
a J'ignore si le Ciel nous réserve un gouvernement républicain, » maïs il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que » dans Pexcès de ses vengeances. »
a Je rends grâce au Ciel de ce qu'il m'a permis de disposer de ma » vie. »
Et en parlant de Marat :
« Grâce au Ciel il n'était pas français (Lettre à Barbaroux, p. 3).
De même dans la lettre à Rose (Fougeron du Fayot?)
« Ge serait à prendre cette République en horreur, sy on ne savait » que les forfaits des humains n'atteignent pas les Cieux » (M. A. G. de Gorday, par M. Ghéron de Villiers, p. 70).
Et quelques lignes plus haut, on lit encore cette tournure analogue aux précédentes : « J'en fairés autant que lui (c'est-à-dire je » passerais en Angleterre), mais Dieu nous retient icy pour d'autres «destinées. »
Charlotte de Gorday avait été élevée dans un couvent ; elle devait se faire religieuse, il est donc tout simple qu'elle se servît de locutions usuelles dans le langage de la vie^évote.