CHAPITRE XVllI. 2i»r
Lusignan recule interdit. La témérité du jeune homme ne peut s'expliquer à ses yeux que par la certitude où il est du peu de dangers que courent ses protégées. Hugues nHgnore pas que la maison fotie a d'impénétrables retraites ; il sait d'une manière positive que ceux qui en connaissent les secrets détours y sont à Fabri de toute recherche. Il a appris, à n'en pouvoir douter, que ses mystérieux souterrains avaient non-seulement d'inaccessibles entrées, mais d'inimaginables sorties. Il reste un instant sans parole : sa méditation est lugubre. Le Val des Ombres était cerné. S'il en pouvait garder les
issues! mais il a trop peu de guerriers.
Raser les murs est impossible : il faudrait tant d'eftbrts , tant de bras !.... Contraindre Raymond par la force à trahir celle qu'il défend : mais on le hacherait par morceaux, qu'on n'obtiendrait jamais de lui pareille
lâcheté. L'astucieux comte de la Marche a bien compris que sur un pareil caractère toute violence serait vaine. Ce ne sera qu'en désespoir de cause quMl emploiera la force brutale : il essaiera d'abord d'autres voies. L'hypocrisie a plus d'une arme.
a — Comte de Toulouse ! reprend-il , si » vous saviez quelle est la fatale puissance )> qu'on est parvenu , par d'indignes ma- )> nœuvres , a mettre ici sous votre égide , u oh I vous changeriez de langage. Noble » jeune homme I on vous abuse indigne- )) ment. Le rendez - vous concerté dans )) cet étrange castel entre une incon- » nue et Thibaut a pour but d'enlever » une armée entière au camp du sire de » Coucy. Sachez qu'au nom de Louis IX, » la dame que vous soutenez promet en ce » moment au comte de Champagne le