CHAPITRE XVllI
» royaume de Navarre et la main d^Anne ' » de Bretagne , pourvu qu^il passe avec ses )) troupes sous les drapeaux du fils de » France ^. Thibaut signe ici le traité.
» — Juste ciel! que viens-je d'entendre!
» — La vérité même , Raymond. Si vous » ne me livrez Tinconnue , c^est fait d'En- )) guerrand et de nous : la royauté nouvelle » est perdue.
)) — Mais le sire de Coucy lui-même m'a » chargé d'escorter jusqu'ici le comte de » Champagne, de l'aider dans son entre-
» prise et de l'appuyer de mon glaive!
» Lusignan ! ma raison s'y perd. De faux
* Anne Yoland Elisabeth.
' Dreux du Radier, Histoire des reines et régentes, in-8, t. 2, p. 350. — DeSacy, Histoire de saint Louis. — Mezerai, in-foi., t. i. — Daniel, Velly, Anciuetii, etc.
» bruits ont pu circuler : peut-être est-ce » vous qu'on abuse I
)) — Non , c'^est Thibaut qui trompe h Enguerrand : tout évidemment nous le » prouve. Notre nouveau monarque a » donné tête baissée dans je ne sais quel )) piège infernal que je ne saurais expli-
)) quer Et vous aussi, vous êtes joué,
)) j'en ai acquis la preuve certaine. Mais )) j'arrive à temps, grâce au ciel ; je sauverai » Coucy et la France. Oii se cachent les » deux perfides? )^
Lusignan croit avoir vaincu. Une sorte d'hésitation se manifestait dans le regard et les mouvemens du compagnon d'armes d'Enguerrand. La peau de ses joues s'était plombée ; et des palpitations i\ tuer soulevaient sa cotte de mailles. Soudain sa décision est prise.