CHAPITRE XVIII
» grand péril. J^aimeà penser, connaissant » la loyauté de vos principes , qa^étranger » à la trame odieuse ourdie sous ces murs » contre nous par Thibaut de Champagne , » vous n^êtes qu'un instrument aveugle , et » non un perfide moteur. Raymond ! me » serais-je trompé ?
» — Je ne vous comprends pas , mes- » sire. »
L'accent du comte de Toulouse était à la fois celui de Tétonnement, de la frayeur et de la franchise. Lusignan n'a pu s'y méprendre.
« — Je le vois , poursuit-il avec irgnie ; » chevalier crédule et naïf, placé ici sans le » savoir , en sentinelle au poste des trans- » fuges, vous jouez le rôle d'un traître !
» — Moi î s'écrie Raymond furieux :
>) Quel langage osez-vous tenir !... »
1^ Et sa main saisissait son giaive.
» — Une femme est ici venue , reprend » Hugues d^un ton farouche : elle et le <( Champenois sont ensemble. Vous ne le » nierez pas, je présume.
)) — Je n^ai jamais menti, sire comte.
)) — Livrez-moi cette femme I
» — Non.
» — Elle est en ma puissance.
» — Non.
» — Elle est prise.
)) — Elle est sous ma garde.
» — J^ai juré de m^en emparer.
» — J'ai promis de veiller sur elle. »
Et Raymond , la tète levée , défiait le chef et sa troupe.