CHAPITRE XVIII
» avec une froide amertume , si cette re-
)) lation est vraie , des espions , par vous
)) soudoyés, ont vendu la veuve des rois.
)► Vos moyens ont eu du succès : faut-il
» vous en féliciter, vous êtes bien servi
)) par les traîtres. |[i
» — Il s^agit du sort de la France.
)) — Et de vos intérêts , sire comte.
)) — Et de la destinée d'Enguerrand.
)) Mais , chevalier ! à ce qu'il me semble ,
» le roi des Français , dans nos camps ,
» aurait pu prendre à son service un frère
» d'armes plus zélé. La foi au nouveau
» trône chancelle ; Blanche a ici plus d'un
» ami; et Thibaut choisit bien ses gens.
» — Ses gens ! interrompt le Toulousain )) avec explosion de fureur. Ses gens ! On y m'a-t-on vu à gages î Homme d'astuce, » arrière de moi ! Prières, menaces, mé-
'» pris, tous vos captieux essais pour sub- •) juguer ma volonté , n'obtiendront aucune )» réussite. Une femme s'est mise sous ma » garde : qu'importent son rang et son nom, » ce n'est à mes yeux qu'une femme , et )» ce simple mot me suffit : je demeurerai » son soutien. Qu'un félon dénonce ses )» maîtres , qu'un fourbe achète des bri- » gands , qu'un lâche livre une victime î » loin de moi des monstres semblables : je >) suis d'autre nature, messire. Portez vos >. tentatives ailleurs. Qu'il vous plaise ou » non de m'en croire , la régente n'est >i point ici !
■« M — Avant de l'affirmer sur ce ton , » reprend le comte de la Marche , assu- » rez-vous-en par vous-même. Blanche el )♦ Thibaut, l'amante reine et le guerriei )» troubadom- , se jouent-ils de nous et de