CHAPITRE XVIII
trée, il se dirige , rœil hagard , vers une lumière lointaine. Il parcourt difFérens passages; il reconnaît Tallée obscure qui jadis le conduisit à la demeure de Marie. Voilà la chambre de la captive : un bruit de voix s^y fait entendre ; il a poussé la porte, il entre.
La dame au masque de velours était assise en un vaste fauteuil doré ; elle parlait avec chaleur. Sa compagne était debout derrière elle; et Thibaut, dans une attitude humble et respectueuse , écoutait , vis-àvis , en silence '.
A Taspect inattendu de Raymond, les deux
' a Par ma foi! madame, disait Thibaut à la reine, » mon cœur, mon corps et mes biens sont à vous. « Jamais, si Dieu plaît, contre vous ni les vôtres, je « a'irai, etc. r, — Dreux du Radier, Histoire des reines et régentes r. 2, p. Tilii.
voyageuses , troublées , se sont enveloppées de leur mante ; et leurs traits demeurent cachés.
Le comte de Toulouse s'est avancé précipitamment vers la première d^entre elles.
u — On suivait vos pas , on vous cherche. » Un danger pressant vous menace : Lusih gnan lui-même est ici. )>
La dame assise sVst levée.
(( — Fuyons ! s'écrie-t-elle. Hakem I »
Un coup de foudre eût moins terrifié Raymond que Taccent quMl venait d^entendre. Cet accent , il Ta reconnu.
(( — Thibaut I en croirai-je mes
» sensi Le complot m^est prouvé
» c^est elle. Et moi qui croyais Hugues un >» trompeur I