CHAPITRE XVIÏI
)> — Raymond! que signifient ces mots?
)) — Comte! reprend le Toulousain » d^une voix sourde et menaçante , Lusi- » gnan dit que cette femme....
» — Achevez !
» — Est la reine Blanche.
» — Vous penseriez !
» — Point de mensonges : la reine est- )) elle ici , oui ou non?
» — Insolente question ! a répliqué
» Thibaut violemment. A quel propos ce ton
» d^arrogance? Vous aviez juré de veiller
» sur cette femme 5 et , loin de prendre sa
» défense , vous abusez de sa situation pour
» chercher à lui arracher ses secrets !
» Ah ! le véritable fond de votre pensée , je
» le pénètre , et le voici : vous n^osez com-
« battre pour elle ; il y a trop de risques
» sans doute, etLusignan vous a fait peur. 2. IG
» — Téméraire! s^écrie Raymond. »
Et les glaives vont se croiser.
Mais Finconnue se jette entre eux. Ses traits sont découverts : plus de masque.
« — Arrêtez ! dit-elle avec calme , je cède
» à la nécessité. J^attendais mieux, je Ta-
)) vouerai , du cœur d'un chevalier fran-
<( çais. Quoi ! vous qui deviez me défendre ,
» vous tirez Pépée contre moi ! — Cest
)) V ous qui mHmposez des lois ! eh hien I
» triomphez, j^obéis. Vous exigez que je
)) me nomme : je suis la Régente de France,
» la veuve et la mère des rois , votre souve-
)) raine, Raymond ! »
Le port majestueux de BUmche de Castille grandissait en ce moment de tout le prestige de la royauté , de toute la puis-