CHAPITRE WIII
» chef, que je lui appartiens pour la vie,
» que je suis son compagnon d'armes l
» Une voix , celle de la conscience peut-
» être, s'il y a ici- bas des consciences, car
» tout se brouille en mes idées : une voix ,
» n'importe laquelle, me crie que je ne
)» puis laisser impunément les ennemis de
)) mon maître comploter en paix sa ruine
» et se soustraire à sa vengeance. Reine !
)» parlez, rassurez-moi. Vous ne méditiez
» point, n'est-ce pas ! la perte du prince
» Enguerrand? Vous n'étiez point venue
» ici, dites-le moi î pour déterminer le
)» comte de Champagne à déserter nos éten-
)) dards ? Thibaut , n'est- il pas vrai , noble
)) dame! Thibaut n'est pas un traître?
)) — Il le fut. »
C'est Thibaut qui a répondu ; et , à la suite de ces mots , prononcés avec l'accent
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criin regret profond, il ajoute avec énergie :
<( — De ce jour il cesse de Têtre ; il ren- )) tre au chemin de Thonneur , il retourne » au roi légitime,
)) — Défends-toi, traître! défends-toi!
» s''écrie le Toulousain avec rage. Eloi- » gnez-vous , madame ! Partez : il me suf- » fîra d'aune proie ; j'aurai assez d'une ven- » geance. A moi, maître en apostasie! En » main ton glaive, ou je poignarde ! ))
L'harmonie de sa voix tonnante appelait le sang et la mort. La compagne de la princesse , immobile jusqu'alors , et comme abattue par l'effroi , sort tout à coup de sa stupeur. Elle accourt vers les combattans , laisse tomber sa mante noire; et, se jetant dans les bras de Raymond , qu'elle presse contre son cœur , elle s'écrie :