‹ Double règne (volume 2)Chapitre 111 sur 191 · CHAPITRE XVllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVllI

« — Mon frère î . . . mon frère î . . . »

A cette exclamation pleine de tendresse et de désespoir, Raymond, étourdi , confondu , recule à demi désarmé. Cest sa sœur, cVst Jeanne elle-même qui Ta entouré de ses bras ; qui , les cheveux épars, Toeil en pleurs , implore sa miséricorde. Oh ! la repousser ! impossible.

Jeanne était jeune , belle et pure : Raymond Favait aimée dès l'enfance. Il a reposé ses regards de flamme et les a comme rafraîchis, en les attachant sur sa sœur. Les traits de Jeanne étaient si doux ! sa voix touchante était si tendre ! il la tient pressée sur son sein ; et , dans Tétreinte fraternelle , il oublie un instant sa rage.

La jeune H lie a profité de son attendrissement; et, se laissant glisser à ses pieds, elle joint ses mains suppliantes.

(( — Pitié ! reprend-elle , pitié ! Point

» de meurtre , point de combat. La prin-

» cesse ne peut partir sans un protecteur,

» sans Thibaut. Eh ! ne le sais -tu donc

» pas, Raymond! épouse d'un frère du

» roi, je suis devenue la fille de Blanche ?

» oui , la régente , c'est ma mère ; et ma

» mère , n'est-ce pas la tienne ! de toutes

» manières , pour nous , sa personne est

>) chose sacrée ; et puis , c'est la reine de

» France ! la souveraine légitime ! »

Elle s'interrompt brusquement ; et , se tournant vers la princesse :

" — Partez ! partez donc ! lui crie-t-elle. » Thibaut î guidez ses pas ! sauvez-la. Je »> reste : j'ai beaucoup à dire. Laissez-moi » seule avec Ravmond. Je suis calme, et » je l'aime tant! Lui et moi, nous nous

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