‹ Double règne (volume 2)Chapitre 112 sur 191 · CHAPITRE XVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIU

»> entendrons. Mon frère est là je suis

» heureuse. »

Et , Toeil effaré , les membres trembîans , Jeanne ne laissait à Raymond, ni le pouvoir de remuer, ni la faculté de répondre, ni même le temps de penser. Elle continue avec force.

« — Mon frère ! c'est Blanche elle-même )) qui vient de faire rendre à ton père sa )j couronne et ses états ; c'est elle dont le )) génie puissant cherche à finir les guerres » civiles en pacifiant le royaume ; et tu )) oses t'armer contre elle ! . . . Quel est » donc son crime en ces lieux ? de rnp- )) peler à ses devoirs , pour le salut du » peuple et du trône , un héros cher à la )) patrie ; d'obtenir , la clémence en main , )) le triomphe de la justice , le plus beau » de tous ici-bas. Et tu viendrais y mettre

)) obstacle ! Oh non , tu ne saurais le vou- )> loir. Quoi ! frapper ici devant moi un )) défenseur de la régente ! un guerrier )) rendu à Phonneur ! un chef que tu de-

)> vrais imiter ! Point de courroux, mon

» frère ! pardonne : j^en ai dit beaucoup , » trop peut-être; hélas! je souffre tant... » Vois ! regarde! je suis, comme mourante.. . » à genoux. Dieu ! qu'ils sont lents à dis-

)) paraître I Thibaut la reine Ah! ils

)> s'éloignent. Raymond ! ne bouge pas I ou » j^expire. »

Le malheureux comte de Toulouse vovait en ce moment Blanche de Castille entraîner Thibaut de Champagne. Et, près de les perdre de vue , il cherchait , dans une angoisse inexprimable , à se débarrasser de sa sœur ; mais Jeanne le tenait enlacé ; la terreur et le désespoir lui donnaient des

Page 1