‹ Double règne (volume 2)Chapitre 113 sur 191 · CHAPITRE XVIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIll

forces surhumaines. Son énergique enthousiasme avait pris un puissant essor, un son de voix irrésistible. Comment, d^ailleurs, agir en brutal contre une femme agenouillée , si jeune , si douce , si belle ! comment

la repousser! se débattre! Et puis^ il

aimait tant cette femme , première amie de sa jeunesse!.... Et puis, dans ses esprits en désordre , il se sentait fléchi , subjugué. Elle fascinait sa raison ; déracinait ses vieilles haines ; dépaysait ses nouveaux plans; déroutait ses opinions; et, Tattirant à sa pensée , elle lui faisait peur de luimême.

Jeanne a redoublé ses efforts.

<( — O merci ! merci ! tu m'écoutes. ILs » sont enfin partis , je respire. Raymond ! » je suis toujours à (es pieds : tu m*y » laisses , tu as raison : je te dois tant

->Ô2 DOUBLE RÈCWE.

)> (inactions de grâces ! mon frère 1 en cette » humble posture , je te les offre au nom » de la France, au nom du prince mon » époux , au nom de ton illustre père , )) au nom de ton roi légitime!... Ah! ne )) frémis point à ce mot ; il faut t^accou- » tumer à Tentendre : mon frère ! cVst un » mot sauveur , je dirai plus : un mot » sacré: tu le prononceras quelque jour; )' car, au fond du cœur, j''en suis sûre, vrai )) chevalier, tu es Français. Allons ! cVst » assez , je m^arrête. Mon ami ! tends-moi )) donc la main , relève ta sœur suppliante : » tu ne Tas point encore embrassée. »

Raymond n^y tenait plus ; il cède. Des pleurs obscurcissent sa vue. Toute résistance a cessé. Jeanne et son frère , restée? seuls , sont entre les bras Tun de Tautre ; e( la reine Blanche est sauvée.

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