‹ Double règne (volume 2)Chapitre 114 sur 191 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

Toul à coup le guerrier tressaille.

«( — Lusignan m'attend I s^écrie-t-il.

)) — Conduisez - moi vers lui , répond

)) Jeanne. Il sait qu^une femme est sous

)' ces murs , mais il n^a pas la certitude

)) que cette femme soit la reine. J^irai lui

)) dire : Comte Hugues ! c'est inoi qui don-

» nais rendez-vous à Thibaut f V amour nous

» attirait V un vers Vautre.

)» — Non , ma sœur ! plus de décep-

» tions. Moi ! permettre que tu te dégrades

» aux yeux de Lusignan pour servir une

»> cause. . . quelconque ! Oh jamais : la

)> chose est infâme. Va-t^en Jeanne ! prends

)) ce flamheau : suis la reine ; elle n'est pas

» loin : tu peux encore la rejoindre. Je te

» promets d'aider à sa fuite; et quant au

)> comte de la Marche , je retourne où je

» l'ai laissé; je lui dirai... n'importe quoi.

» Que me fait ce que pourra penser cet

» homme et de mon langage et de mes

» actes! J^aime à braver qui je méprise.

» Adieu, nia sœur, adieu! laisse-moi. »

Et Jeanne obéit à son frère.

La porte de la grande galerie du Val des Ombres s'ouvre avec bruit et violence. Raymond est devant Lusignan.

L'œil du comte de Toulouse était hostile et farouche. Son regard moins à lui que sa parole , ne dissimulait en rien Tentier bouleversement de ses facultés morales. Un besoin d'épancher en audacieux défis le désordre de ses pensées , se manifestait dans ses gestes; il lève un front mâle et hautain. Son bras, d'une ficon dédaigneuse, interpelle Hugues d'avance ; et sa bouche d'un (on amer hii jette ce peu de paroles :

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