‹ Double règne (volume 2)Chapitre 117 sur 191 · CHAPITRE XVIII. 2r · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. 2r

du coup, il a porté la main à sa poitrine avec le geste hagard d'une victime qui , debout devant Tassassin , cherche à retirer de ses entrailles sanglantes le froid poignard qui les a déchirées. Il a secoué la tête avec horreur, comme pour se dégager d'une atmosphère de tortures.

♦<( — Assez ! assez ! répète-t-il. . . la défec- » tion du duc de Bourgogne ! . . . et c'est une » lettre de Blanche ? Oui : malédiction au i> perfide! C'est justice : qu'il soit maudit! » Maintenant, arrière! et silence! Chef! je » n'écoute plus , je marche ; je ne discute » plus, je frappe. »

Et le guerrier traverse la salle. Ses pas étaient démesurés. Son maintien était si puissamment désordonné, que toutes les attentions concentrées sur lui avaient pris

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aussi quelque chose de l'égarement offert devant elles. Inconcevable prestige de Taudace I Le preux ordonne qu'on s'écarte 5 et chaque soldat, sur son passage, à l'aspect de sa physionomie terrifiante , s'est jeté de côté pour lui faire place. Il est hors de la maison foHe.

La nuit étendait ses longs crêpes sur les campagnes de Coucy ; un vent impétueux soufflait. Raymond s'élance au hasard dans la vallée, sans distinguer aucune route et sans se chercher aucun guide. Il murmurait des paroles incohérentes que le vent saisissait au passage , et faisait tournoyer dans les airs comme de magiques menaces. Le firmament, bien qu'orageux, était sans astre et sans clarté ; le malheureux fugitif lui demandait en vain des éclairs , du bruit , du mouvement , des foudres : vain désir î

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