‹ Double règne (volume 2)Chapitre 118 sur 191 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

inutile appel 1 rien ne s^harmoniait sur la piage avec son flamboyant délire ; rien ne se présentait à lui que l'ouragan et les ténèbres.

Son pas a foulé des prairies ; il est au bord d^une rivière. Le courant de Tonde est rapide. LMnfortuné s^arrêle et regarde ; il balbutie ces mots à voix basse :

a — Oij pourrais-je aller maintenant? — » Moi, qui pensais n'avoir manqué de foi à « personne ! j'ai au contraire trahi tout le » monde : les princes, le peuple, Tarmée. » Vil apostat , félon ridicule , où cacher

» ma honte et ma vie? Enguerrand î

)) adieu pour jamais! Marie ! et toi,

)) Jeanne! et vous. Blanche! ô fem-

» mes qui m'avez perdu !.... pourquoi

» suis-je ici, près d'un gouftre? pour

» n'avoir pu vous résister. Allons ! que le

)) supplice ait un terme ! Mais le suicide est

)) un crime ; il est défendu par ^honneur ,

» ce mot de raillerie et d^enfer. Mon Dieu !

n viens à mon aide ! Que dis-je ? Dieu !

» autre mensonge peut-être. Ah ! m^ajant

)) fait si misérable , il ne pourrait y au cas

» quHl existe , ne pas me regarder en pitié !

» Qu^il soit juste , j'ai mon pardon. »

L'exaspération de son désespoir était parvenue à son dernier période. Les plaintes qui sortaient de sa bouche, rompant douloureusement les sanglots qui Fétouffaient, n'avaient plus ni force ni son. Il s'était jeté à genoux. Sa tête appesantie s'est penchée; ses membres ont successivement plié sous le triple poids de la douleur , de la fatigue et de la démence : il tombe inanimé sur la rive. Le sol s'est éboulé sous ses pas; les eaux s'emparent de son corps ; et,

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